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II. Industries employant le mercure métallique

a. Étamage des glaces. — Pour élamer les glaces, on se sert d’un amalgame d'étain et les ouvriers qui exercent

(1) Hermann, Études sur les maladies à Idria ( Wien . med. Wocheuschr., 1858, n° 40).

(2) Bcaugrand, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, articles Mercure et Mines.

(3) Les vaches présentent, parait-il, une susceptibilité spéciale pour les. préparations mercurielles. Les frictions d’onguent napolitain, très bien supportées par d’autres animaux, particulièrement le cheval, sont extrêmement toxiques pour les bovidés.

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cette profession sont exposés à l'intoxication par inhalation de vapeurs mercurielles.

« La mise au bain s'effectue sur une table de marbre ou de pierre parfaitement polie, sur laquelle on étend une feuille d’étain. Cette table a été engagée dans un cadre de bois dont un des côtés est libre pour le passage de la glace et dont les trois autres côtés sont munis de rebords. Tout étant préparé, on garnit avec une feuille de papier le bord libre du cadre et l'on verse d’abord sur la feuille d’étain une petite quantité de mercure qu’on étend avec un tampon de flanelle pour favoriser l’amalgame, puis on verse de nouvéau du mercure pour former une couche de mercure de plusieurs millimètres. Enfin, les impuretés qui surnag'ent ayant été enlevées, la plaque de verre, bien nettoyée et asséchée avec le plus grand soin, est coulée avec précaution dans le cadre sur la couche mercurielle. Recouverte ensuite d'une pièce de flanelle et de drap, elle est chargée de poids qui favorisent le contact; le mercure en excès est ainsi expulsé, et l’on facilite son écoulement en imprimant à la table une légère inclinaison (i). » Les ouvriers sont donc constamment environnés de vapeurs mercurielles, qui, ainsi ([uc l'a montré le Dr Merget, se diffusent depuis le plancher jusqu'au plafond et non pas seulement, comme le croyait Faraday, à quelques centimètres seulement audessus de la surface du mercure.

Ainsi que je vous l'ai déjà signalé, le Dr Rende a démontré par l’analyse chimique combien sont diffusibles les vapeurs mercurielles. Dans un atelier d’étamage, il a recueilli les poussières accumulées aux solives à 4 mètres de hauteur, et pour 100 grammes il a pu en isoler 5Kr, 97 d’étain, 2*r,42 de plomb et 9sr,64 de mercure.

On a cherché, afin d’éviter tous ces accidents, à neutraliser les vapeurs mercurielles ; beaucoup de procédés ont •été préconisés, aucun ne donne une satisfaction absolue.

(1) Les poisons industriels, 1901, p. 86.

Boussingault recommandait de répandre de la fleur de soufre sur le sol des ateliers, opération dont le but était de sulfurer le métal qui tombe à terre. Les vapeurs émises par le soufre seraient, d'après lui, capables de sulfurer les vapeurs mercurielles et de les transformer en un sulfure peu soluble et, par conséquent, peu toxique. On a proposé Y iode , qui transforme les vapeurs mercurielles en protoiodurede mercure. Merget a proposé le chlorure de chaux : les vapeurs de chlore qui se dégagent transforment les vapeurs mercurielles en protochlorure de mercure ou calomel, le moins toxique des composés mercuriels. Cette méthode présente un grave inconvénient : les vapeurs de chlore sont très désagréables ; d’autre part, il n’est pas démontré que le calomel, inoffensif s’il est pris par les voies digestives suivant les divers modes usités d’administration médicamenteuse, soit aussi anodin s’il est absorbé de façon continue par la muqueuse pulmonaire.

M. Meyer a eu l'idée d’expérimenter X ammoniaque répandue sur le sol des ateliers. L’odeur pénétrante de ce corps rend l’atmosphère chargée de vapeurs mercurielles moins suffocante, moins fade. Depuis 1868, M. Meyer n'aurait pas vu survenir d’intoxication mercurielle chronique dans des ateliers où autrefois les ouvriers étaient atteints après six mois de travail au plus. L’action favorable de l’ammoniaque semble bien démontrée, et cependant il est difficile d’en expliquer le mécanisme, car les vapeurs ammoniacales sont sans effet sur les vapeurs mercurielles contenues dans l’air, qui impressionnent avec la même intensité le papier réactif à l’azotate d’argent ammoniacal. M. Meyer conseille de répandre l’ammoniaque sur le sol le soir plutôt que le matin : les vapeurs se répandent dans tout l’atelier pendant la nuit et l’on obtient le maximum d’action préservatrice.

M. Layet a conseillé de répandre sur le sol des ateliers de la sciure de bois imprégnée d’ammoniaque ou d’hypochlorite de chaux, dont le balayage journalier ne soulèverait dans l’air aucune poussière toxique.

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On a également conseillé de recouvrir le sol d'une couche de rognures d’étain ou de potée d étain, qui absorbent le mercure par amalgamation.

b. Fabrication des baromètres, thermomètres, lampes a incandescence. — Messieurs, dans la fabrication des baromètresh mercure, les vapeurs mercurielles peuvent prendre naissance quand 1 instrument terminé est chauffé afin de chasser les bulles d’air.

Dans la fabrication des thermomètres , l’ouvrier, après avoir chauffé le réservoir et le tube de manière h en chasser l’air, plonge l’extrémité du tube dans une cuve à mercure. A ce moment il peut inhaler des vapeurs mercurielles.

Cependant, dans ces deux industries le danger principal provient du bris des verres : le mercure tombe sur le sol ou sur des charbons ardents, d’où production de vapeurs toxiques. Le danger est d’autant plus grand que la construction des baromètres et des thermomètres est un travail de la petite industrie, qui se fait dans un milieu où souvent les précautions hygiéniques laissent à désirer.

L'industrie des lampes à incandescence adonné lieu, surtout au début, à nombre d’intoxications mercurielles. Pour fabriquer ces lampes, on fait le vide dans un tube renflé en forme d’ampoule, puis le tube est fermé à la lampe. Le vide est obtenu à l'aide de pompes pneumatiques à mercure. Pendant que l’on fait le vide, il arrive que les tubes de verre se brisent, soit par imprudence de l’ouvrier, soit par suite du choc des gouttelettes de mercure le long des parois quand l'air commence à se raréfier. Le mercure s’écoule alors sur la table de la machine, sur le sol, sur les vêtements des ouvriers, et les vapeurs toxiques se répandent dans les ateliers.

Depuis que ces faits ont été signalés d'abord à Berlin en 1888 et à Budapest en 1894, on a réglementé les fabriques de lampes à incandescence au point de vue de la ventilation. D autre part, l’emploi de pompes d un modèle nou-

veau, dites pompes Sprengel , qui font autant de travail que les pompes anciennes, en employant dix fois moins de mercure et qui ont en outre l’avantage d’être plus solides, a été pour beaucoup dans la diminution de l’intoxication mercurielle.

Enfin, Messieurs, depuis quelques années on tend à substituer, pour faire le vide, aux pompes à mercure des pompes mécaniques de divers systèmes ; on a, paraît-il, obtenu de bons résultats, et il semble que, dans un temps peu éloigné, l’intoxication hydrargyrique aura disparu dans cette profession (1).

c. Dorure et argenture au mercure. — Pour dorer ou argenter suivant cette méthode, on recouvre les objets d’un amalgame d’or ou d’argent que l’on décompose ensuite par la chaleur.

L’amalgame est préparé à chaud en brassant, dans un creuset chauffé au rouge, de minces lames d’or avec du mercure, puis l’amalgame refroidi est appliqué sur le métal à dorer. Celui-ci est ensuite porté sur des sortes de grils, où il est chauffé de manière que, par évaporation du mercure, l'or adhère à la pièce à dorer. Les ouvriers sont, au cours de toutes ces opérations, amenés à inhaler des vapeurs mercurielles, surtout pendant la seconde opération, car l’ouvrier est obligé de retirer souvent la pièce recouverte d’amalgame placée sur le réchaud pour la brosser et égaliser avec un tampon de coton l'amalgame sur toutes ses parties.

Aujourd’hui, la dorure et l'argenture au mercure ne sont plus guère employées ; on les a remplacées par le procédé au trempé pour les objets de peu de valeur, et par la dorure parla galvanoplastie pour les autres.

Dans les ateliers où l’on emploie la méthode ancienne, les vapeurs toxiques doivent être entraînées par la ventilation.

(1) Bellon, Fabrication des lampes électriques à incandescence (Ann. d’hyg. publ. et de méd. légale , 3e série, t. L, 1903, p. 73).

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Geneste et Herscher ont imaginé un dispositif qui semble donner de bons résultats. Les vapeurs légères sont aspirées dans la cheminée qui surmonte la hotte, par un jet d’air comprimé qui est lancé au sommet de cette cheminée ; les vapeurs lourdes sont aspirées per descensum dans des. conduites souterraines par un autre jet agissant en sensinverse. Les résultats sont favorables, mais les ouvriers qui travaillent continuellement devant ces ventilateurs se plaignent d’être très incommodés par le violent courant d’air qu’ils produisent.

III. Industries qui emploient les composés demercure. — a. CoUPERIES DE POILS DE LAPINS. — Pour donner aux poils de lapin la propriété feutrante qu’ils ne possèdent que très peu, on imbibe les peaux d’une solution plus ou moins concentrée de nitrate acide de mercure. Cette opération porte le nom de secrétage , nom qui vient de ce que cette méthode, employée dès le commencement du xviie siècle, resta longtemps secrète ; elle n’était connue que de quelques privilégiés qui furent obligés de s’expatrier lors de la révocation de l’Édit de Nantes, et le secret fut perdu jusqu’en 1747, époque à laquelle un ouvrier nommé Mathieu, qui avait travaillé longtemps en Angleterre, en rapporta la formule.

Il y a deux secrets : le secret jaune , qui contient 25grammes de mercure métallique pour 125 grammes d’acide nitrique à 40°, soit 20 grammes de mercure pour 100 d’acide; le secret blanc ou pale, qui renferme 40 grammes de mercure métallique pour 125 grammes d’acide nitrique ordinaire à 36°, soit 32 grammes de mercure pour 100 d’acide nitrique. On emploie ces solutions après les avoir étendues d’eau, de manière à ramener leur densité à 0° ou 10°. Le secret pâle est peu acide et n’altère pas la nuance des poils ; au contraire, le secret jaune, plus acide, teinte les poils en jaune.

Pour pratiquer le secrétage des peaux, on les frotte dans P. Brouardel. — Les Intoxications. 21

tous les sens avec une brosse rude trempée dans le secret, puis on les laisse séjourner plus ou moins longtemps dans une étuve dont la température varie de 50° à 75°. Une fois refroidies, on les arrose légèrement de manière aies rendre moins cassantes et on les empile dans des locaux spéciaux où elles séjournent de quelques jours à quelques mois, selon la qualité delà peau et la qualité de secrétage que l’on veut obtenir. Le secrétage terminé, la peau, débarrassée de la queue par une ouvrière dite échiqueteuse, qui la tond aux ciseaux, est passée au brosseur qui la frotte à sec en redressant les poils, puis au coupeur qui la tond ; enfin des ouvrières éplucheuses divisent les poils par qualités et des monteuses les mettent en paquets. Le brossage et la tonte des peaux se font maintenant mécaniquement. En sept ou huit heures de travail effectif, cinq à six personnes manipulent de 1100 à 1200 peaux.

Qu’ils aient les mains en contact avec le secret, qu’ils soient exposés aux buées des étuves de séchage, ou qu ils inhalent les poussières provenantdu brossage ou du coupage, tous les ouvriers employés à cette industrie sont exposés a l’intoxication mercurielle.

M. Letulle est d’avis que l’on a peut-être exagéré le rôle du mercure dans l’intoxication professionnelle des coupeui s de poils de lapins. Il se base sur ce fait que les accidents, même le tremblement, sont de nature bénigne et guérissent par le simple repos. Sur 70 hydrargyriques employés dans l’industrie des poils de lapins qu’il a eu à soigner pendant dix ans, alors qu’il était médecin de l’hôpital Tenon, M. Letulle n’a eu aucun décès. D’autre part, il pense que les symptômes observés chez les ouvriers secréteurs ne sont pas seulement dus au mercure, mais aussi à une intoxication, jusqu’ici passée à peu près sous silence, occasionnée par les vapeurs nitreuses, auxquelles ils sont continuellement exposés (1).

(1) Letulle, Hydrargyrisme professionnel { Revue d'hygiène et de police sanitaire, 1889).

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Depuis long'temps, on a cherché à remplacer le nitrate acide de mercure pour le secrétage par d’autres substances non toxiques; quelques résultats satisfaisants ont été obtenus. Cependant la valeur des nouveaux procédés n’est pas encore déterminée d’une façon décisive. Pour juger sainement, et c’est la conclusion que tire M. Fontaine de l'enquête très approfondie qu’il a faite sur ce sujet, « il faut que le temps, véritable pierre de touche de tout produit industriel, ait prononcé sur la valeur de résistance des feutres nouveaux à 1 emploi et à l’usage. L’administration ne saurait donc imposer tel ou tel procédé; elle ne peut agir qu’en exerçant une pression morale, en engageant, d’une façon plus ou moins directe, les industriels à continuer les essais déjà commencés (1) ».

b. Fabriques de chapeaux. — Le mercure incorporé aux poils pour leur donner la propriété feutrante n’est pas complètement éliminé par les opérations ultérieures que subissent les poils; il n’y a donc rien d’étonnant, Messieurs, à ce que les chapeliers soient atteints d hydrargyrisme. La présence du mercure dans le feutre a été chimiquement démontrée par les recherches de Jungfleisch et de Finot.

Dans une cloche en feutre non façonné pesant 73 grammes, on a trouvé 0sr, 2072 de mercure métallique; dans une autre pesant 79 grammes, il y en avait 0er,3392. Dans un vieux chapeau longtemps porté et teint en couleur chamois, il y avait 5 à G décigrammes de mercure. Enfin, un autre chapeau, teint en noir, dont le feutre était durci par un apprêt, contenait 0Bl',553 de mercure métallique pour 100 grammes de feutre (2).

Cette présence du mercure retenu par les poils, bien qu’on n’emploie que des sels solubles qui devraient être entraînés

(1) Les poisons industriels, 1901. Annexes, p. 306.

(2) Jungfleisch, Sur les dangers du secrétage des poils par le mercure [Ann. d’hyg. publ. et de méd. légale, 1892, 3° série, t. XXVIII, p. 498).

par les lavag’es abondants qui accompagnent les opérations du feutrage et de la teinture, provient, pense-t-on, de ce que la kératine des poils se combine avec le sel de mercure pour former un composé organique insoluble.

c. Tirs forains. — L'attention a été attirée sur les dangers d’intoxication professionnelle dans les tirs forains, par MM. Marie et Londe (1), dans les circonstances suivantes :

Les époux M... exploitaient un tir très fréquenté, dans lequel on tirait chaque jour de 3 000 à 4 000 cartouches spéciales, dites Dosqueltes , qui sont chargées avec du fulminate de mercure ; ils couchaient dans une chambre située au premier et mise en communication par un étroit escalier en colimaçon avec le tir qui se trouvait presque constamment fermé à cause de la saison froide ; l’escalier faisait en quelque sorte cheminée d’appel, entraînant dans la chambre à coucher les gaz provenant de l’explosion des cartouches. Les époux M... présentèrent tous deux des symptômes graves d’intoxication.

MM. Marie et Londe ont également observé un autre couple qui tenait un tir dans un local très exigu, très bas de plafond, sans moyen d’aération ; les tenanciers y séjournaient pendant douze heures environ par jour, et pendant un mois ils avaient couché dans le tir même; c’était dans la saison froide et la porte était constamment fermée ; tous les deux présentèrent des accidents graves.

Dans les deux cas, les femmes n’eurent que de la stomatite; les hommes eurent des troubles plus graves: tremblement des lèvres, de la langue et des membres.

Depuis cette époque, un fait semblable a été signalé à Marseille. Unhomme de trente-sept ans, employé depuis douze ans comme garçon de tir, eut à deux reprises des crises de tremblement qui l’obligèrent à cesser temporairement son

(1) P. Marie et Londe, Intoxication mercurielle professionnelle consécutive à l’usage des capsules de fulminate de mercure (Revue d’hygiène, 1885, t. VII, p. IG).

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travail. Les deux fois les crises de tremblement survinrent à la suite du surmenage occasionné par les grandes foires. Le malade restait alors près de dix-huit heures par jour exposé à l’inhalation des vapeurs mercurielles (1).

Cette question fut portée devant le Conseil d’hygiène publique et de salubrité de la Seine. Le rapport, confié à M. Faucher, démontra que la déflagration de 100 grammes de fulminate de mercure, soit de 5000 cartouches Flobert ou de 2000 cartouches Bosquette, mettait en liberté 70gl',4 de mercure et un mélange de gaz contenant un tiers d’azote et deux tiers d’oxyde de carbone représentant, à 0°,23m,5. La température au moment de l’explosion dépasse 5000°.

Les tirs ont une longueur d’environ 15 mètres sur une largeur de 5 mètres et une hauteur de 3 mètres; c’est donc dans un volume d’air total de 180 mètres cubes que se trouvent répandus les 70 grammes de mercure réduits en vapeurs et, si la ventilation est nulle, comme c’était le cas dans les observations de MM. Marie et Londe, au bout de la journée chaque mètre cube d’air contient 0gr,391 de mercure. M. Faucher, en admettant que, même dans les cas de ventilation nulle, les vapeurs de mercure, très denses, ne restent pas également répandues dans l’atmosphère et se déposent sur le sol, estime à 0gr,2 la quantité de mercure contenue dans chaque mètre cube d’air. En prenant ces chiffres, une personne, dans les quatre heures de la soirée durant lesquelles l’atmosphère doit être le plus chargée de vapeurs mercurielles, inhalerait 0gr,432 de mercure (2).

D’après une enquête sérieuse, il semble que ces intoxications sont rares; il est vrai que la plupart des tirs forains sont installés dans des baraques où la ventilation sponta-

(1) Julia do Roig, Tremblement hydrargyrique professionnel consécutif à l’emploi de capsules de fulminate de mercure ( Marseille médical, 1er ma, 1899, p. 278).

(2) Faucher, Sur des cas d’intoxication par l’usage de capsides au fulminate de mercure (Rapport au Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, 1886).

née est suffisante. Mais, quand les tirs fonctionnent dans des endroits clos, il est nécessaire qu’il soit établi une bonne ventilation et il doit être interdit aux propriétaires de coucher dans leurs tirs ou de coucher dans une chambre communiquant directement avec eux.

d. Bronzage des canons de fusil. — Pour bronzer les canons de fusil, on emploie trois liquides, dont l’un est ainsi composé :

Bichlorure de mercure 50 grammes.

Chlorhydrate d’ammoniaque 50 —

Eau .'. 1000 —

Après le séchage, on détache soit à la main, soit mécaniquement, l’enduit semblable à de la rouille qui recouvre les canons de fusil.

Le médecin-major Dandisson (1) a rapporté deux cas observés au 59e régiment d’infanterie.

L’un des malades était pâle, anémié; il avait le visage bouffi; il se plaignait de coliques sans diarrhée ni constipation. Il présentait un liséré gingival et du tremblement des membres supérieurs. Après trois semaines de traitement, on l’envoya en congé de convalescence ; à son retour, il lui fut impossible de reprendre son service.

Le second avait des coliques, de l'inappétence absolue et des vomissements; il présentait également de la pâleur de la face, un liséré gingival, du tremblement très apparent des membres supérieurs et du nystagmus. Après séjour à l’hôpital et congé de convalescence, l'état général était meilleur, mais il présentait de la carie dentaire généralisée et, depuis sa sortie de l’hôpital, il avait perdu deux incisives.

Le caporal armurier, qui avait quatorze ans de service, présentait également des signes évidents d'intoxication hydrargyrique : il avait un liséré gingival et du tremblement

(1) Dandisson, Intoxication mercurielle chez les ouvriers armuriers (Ann. d’/ujg. publ. et de méd. légale, 3e série, t. XLYI, 1901, p. 88).

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des membres supérieurs, et à chaque série de bronzage il avait remarqué qu’il était atteint de véritables débâcles intestinales.

e. Photographes, chimistes. — Les photographes emploient souvent le bichlorure et le biiodure de mercure, qui ont pu occasionner des accidents par erreur de flacon (i), cependant il ne semble pas, et c’est également l’avis des Drs Duchène et Michel, qu’ils aient jamais subi d’intoxication professionnelle (2).

J’en dirai autant des chimistes.

J’ajouterai que, dans ces deux professions, on emploie l’eau à profusion et que les mains sont fréquemment lavées.

Enfin, Messieurs, je vous signalerai encore comme pouvant être intoxiqués professionnellement les ouvriers qui fabriquent le jouet connu sous le nom de serpent de Pharaon , qui se compose de sulfocyanure de mercure. Ce sel est très toxique et je vous ai rapporté le cas d'intoxication aiguë d’un jeune maréchal des logis qui s’empoisonna au camp de Ghàlons en prenant par erreur un paquet de sulfocyanure de mercure au lieu de sous-nitrate de bismuth (3). Les ouvriers pourraient être intoxiqués par les vapeurs et les poussières ; cependant, il semble que les mesures prophylactiques les plus simples suffisent à prévenir toute intoxication chez les ouvriers employés dans cette industrie.

(1) Voy. pièce n° 11.

(2) Duchènc et Michel, Revue d'hygiène, 1883, p. 378.

(3) Voy. pièce n° 9.

Le plomb est certainement l’un des premiers métaux dont l’homme ait fait usage; il est très répandu dans la nature et son extraction de la galène, à cause de son point de fusion peu élevé, est relativement facile. On l’a certainement employé dans la période préhistorique et M. Gapitan a montré des haches de pierre qui avaient été réparées avec du plomb. Les Anciens firent un usage courant de ce métal, et j’aurai l’occasion, dans le cours de cette étude, de vous dire que Galien, Vitruve, Dioscoride connaissaient la toxicité du plomb et de ses composés.

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