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I. — Rapport o’autopsie

Nous soussignés,

Paul Brouardel, professeur de médecine légale à la Faculté de médecine de Paris ;

Jules Ogier, docteur ès sciences ;

Jules Socquet, docteur en médecine,

Commis par une ordonnance de M. Lauth, juge d'instruction près le Tribunal de première instance de la Seine, en date du 26 octobre 1880, ainsi conçue :

« Attendu la nécessité de constater judiciairement l'état où se trouve en ce moment le cadavre du sieur G..., décédé à Paris le 30 avril 1886, — ordonnons qu'il y sera procédé par MM. Brouardel, Ogier et Socquet, — lesquels, après avoir reconnu l’état où se trouve le cadavre, procéderont à l'autopsie et s’expliqueront sur les causes de la mort. »

Serment préalablement prêté, avons procédé à cette autopsie le 3 novembre 1886.

Le cercueil dans lequel est placé le cadavre est intact; il est en chêne, et porte sur la face supérieure, à la partie qui correspond à la tête, deux plaques: une petite, en plomb, portant 1 inscription suivante: VU — 917. 1886; et une autre, en cuivre, sur laquelle ■est gravée cette inscription : G... (Juleé-Ldouard-branrois).

A l’ouverture du cercueil, on constate que celui-ci est entière-

ment doublé en caoutchouc; le cadavre est couvert de petites mouches vivantes et de coques de nymphes.

Le linceul dans lequel se trouve le cadavre, ainsi que 1 oieillei placé sous la tète et la mixture contenue dans le cercueil, ont été placés séparément dans de petits cercueils neufs, et scellés.

Le cadavre n'a pas subi la putréfaction gazeuse ; la peau est plisséo, comme si elle avait été macérée ; certaines parties de la peau sont parcheminées; elles présentent une coloration brun rougeâtre; cette apparence se trouve surtout a la partie anterieure de la face, du tronc, des membres supérieurs; la peau sonne par le choc du scalpel, comme du carton. Sur les parties déclives, la peau offre la consistance du carton mouille.

U n’y a pas de traces apparentes de violences sur les diverses

parties du corps.

PIÈCES ANNEXES

11 n’y a pas d’épanchement sanguin sous le cuir chevelu; les os du crâne (voûte et base) ne sont pas fracturés. Le cerveau est un peu diminué de volume; il ne remplit pas toute la cavité du crâne; il est demi-consistant; on peut encore facilement reconnaître les diverses parties du cerveau. Les artères de la base sont saines et ne présentent pas d’athérome. Les méninges ne sont pas épaissies; elles sont molles; il n’est pas possible de les détacher de l’encéphale. La moelleest dure, paraît saine et pèse 22 grammes.

A l’ouverture du thorax et de l’abdomen, on constate que les viscères sont bien conservés.

L’œsophage et la trachée sont sains ; leur muqueuse a subi une exfoliation de l’épithélium par altération cadavérique.

Les poumons présentent quelques adhérences pleurales anciennes, à droite et à gauche. Ils ne contiennent pas de tubercules.

Le péricarde est vide.

Le cœur est aplati, scs parois sont minces ; les ventricules et les oreillettes sont vides ; les valvules sont souples et saines.

Le foie pèse 600 grammes ; il n’est pas induré; il paraît sain; la putréfaction est commencée et les fragments nagent. La vésicule biliaire ne-contient pas de calculs.

L’estomac est vide, sa muqueuse est saine; elle ne présente pas d ulcérations. La mort est trop éloignée pour que l’on puisse retrouver la trace d’inflammation ou de congestion superficielle.

Les reins se décortiquent très facilement ; ils paraissent sains. Il n’v a pas d’atrophie de la substance corlicale, et l’on distingue très nettement les deux substances.

Les intestins ne présentent ni étranglement, ni invagination. La muqueuse est saine et ne présente pas d'ulcérations. Les intestins sont absolument vides de matières intestinales ou fécales.

La vessie est vide, sa muqueuse est saine.

Les testicules sont sains.

En vue d une analyse chimique, les viscères ont été placés dans des bocaux scellés et cachetés.

Conclusions. — 1° L’autopsie du cadavre ne révèle l’existence d aucune lésion \ iscérale permettant d expliquer la mort par une maladie antérieure.

2° L’analyse chimique des viscères nous semble nécessaire.

EMPOISONNEMENT PAR l’aRSENIC.

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