‹ Les Invalides CérébrauxChapitre 17 sur 35 · SEL · texte numérisé non relu

SEL

MD à AU Médecine, en 1903, sous le titre de l’Epilepsie cardiaque et des phénomènes de rappel. Il montre, par une série d'observations « que l’autointoxication consé- « cultive aux allérations viscérales asystoliques à « localisé ses effets sur un point préalablement « altéré », p. 152-153.

En somme, pour ce qui concerne l’anormalité, c'est-à-dire les troubles psychiques variés que l’on constate chez certains enfants, nous admettons que le cerveau a été lésé, soit durant la vie intra-utérine, soit après la naissance, et que ces lésions y ont laissé des cicatrices, points faibles dont la résistance aux intoxications de divers ordres qui viennent assaillir l’organisme au cours de son évolution, est considérablement diminuée !.

Les cicatrices cérébrales ne sont pas les seules marques de leur passé pathologique. La plupart de nos anormaux présentent des malformations et des troubles organiques variés. « Le côté physique est souvent « chez eux, dit le D' Lex, aussi défectueux que le « côté intellectuel, ef nous les voyons atteints de cette « débilité congénitale des fils d’alcooliques : ils sont

« rachitiques, myxœdémateux, tuberculeux, syphili- « tiques et adénoïdiens°® ». « Dans quelques cas, dit

! « Lorsqu'on peut observer assez longuement des sujets qui ont présenté du méningisme dans leur enfance, on est frappé de la fréquence de leurs tares cérébrales, Ils présentent des tics, des impulsions, de la bizarrerie, et en somme ont un système nerveux qui fonctionne anormalement. » — Weill, Médecine infantile, Paris, 1905, p. 683.

? La collaboration du médecin et du pédagogue, Arch. int. d'hyg. scol., 1906.

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OU « M. J. Moses, on trouve des paralysies des bras et des « jambes, comme résidus d'affections cérébrales anté- « rieures!.-» D’après les mêmes auteurs, la moindre résistance de leur système nerveux se traduit par des maux de tête fréquents (42, p. 100, d’après Cassez), et aussi par ce qu on appelle les équivalent psychiques de l'épilepsie : absences, vertiges, impulsions variées, vagabondage?.

« Il n'est pas indifférent d'avoir des cicatrices dans son système nerveux », dit M. Prerrer. En effet, c’est presque toujours au cours ou à propos d'une intoxication, que se révèlent chez l'enfant, héréditaire ou cicatriciel, les troubles psychiques variés qui fixent son degré d’arriération ou d’anormalité. Il ne faut pas oublier non plus que certaines affections cérébrales de la première enfance sont susceptibles de rechutes plus ou moins nombreuses, après avoir longtemps sommeillé et donné l'illusion de leur guérison définitive.

Toute maladie infectieuse : fièvre typhoïde, scarla-

1 Die hygienische Ausgesteiltung der Hilfsschule, Arch. int. d'hyg. scol., 1907.

2 Le Dr Schlesinger dit que l’on trouve dans chaque Hilfsschule un ou plusieurs spécimens de paralysie infantile (0,7 pour 100 des cas); il a constaté l'épilepsie dans 3,6 pour 100 des cas ; la chorée dans 0,7 pour 100 des cas. Voici des chiffres aussi éloquents empruntés aux statistiques allemandes :

Mauvaise constitution physique. . 8 pour 100 Anémie grave ie 5/29 — Maladies congénitales du cœur. . 0,8 --

Les mesures du crâne montrent que, très souvent, les dimensions de la tête dépassent les chiffres normaux. Les microcéphalies sont rares (rapport inverse chez les idiots).

Ua ES | tine, rougeole, etc., est une intoxication chimique de l'organisme, car les germes microbiens connus ou inconnus de ces maladies agissent surtout par leurs toxines sur le système nerveux, et les parties de ce

üssu qui réagissent les premières et avec le plus

d'intensité et de durée sont précisément celles qui avaient été primitivement lésées, c'est-à-dire les cicatrices.

À côté des intoxications d’origine microbienne se placent naturellement les intoxications d’ordre purement. chimique et, parmi elles, Palcoolisme doit se placer au premier rang. L’habitude qu'ont les parents, dans certaines classes sociales, de faire boire de l’alcool pur ou des essences à de tout jeunes enfants produit des effets désastreux : le poison venant agir, dans plus de la moitié des cas, sur des systèmes nerveux d’hérédifatres ou de cicatriciels!.

A côté de l’alcoolisme, l’on peut placer les intoxications d'ordre alimentaire, fréquentes dans les classes pauvres qui se nourrissent mal ou insuffisamment.

Ce n’est pas tout. L'organisme de l'enfant élabore et détruit des poisons dont la nature chimique n’est pas encore nettement définie. Les glandes à sécrétions internes, dont le rôle est incomplètement élucidé, président à cette fonction. Leur lésion ou leur absence congénitale, dans d’autres cas leur hyperfonctionnement amènent rapidement dans l'organisme des troubles graves. Non seulement l’état psychique des petits

! Dans sa thèse, le D' Chazal s’est longuement étendu sur l'influence néfaste de l’alcoolisme chez les enfants anormaux.

Le Din pr Am ren

PER NE malades s’en ressent, mais leur état physique et physiologique également. Arrêtés ou détournés dans leur développemient, ils présentent ce caractère infantile ou retardé qui les signale à leur entourage. Dans son petit livre sur les Enfants relardataires, M. Arperr montre comment la dystrophie dysorchidienne donne l’infantilisme eunnuchoïde, comment la dystrophie thyroïdienne donne l’infantilisme crétinoïde. Citons encore la dystrophie dysovarienne, et cette dystrophie anangioplasique caractérisée par une aplasie artérielle généralisée.

L’on conçoit facilement combien sera néfaste pour un cerveau cicatriciel la sécrétion trop abondante d’une glande vasculaire sanguine ou la non neutralisation des poisons intracellulaires par une sécrétion insuffisante. Beaucoup de ces glandes subissent, au moment de la puberté, une évolution toute particulière. Le testicule et l'ovaire, principalement, acquièrent leur maturité et atteignent d’un coup leur plein fonctionnement?. C’est une époque critique, depuis longtemps signalée par les médecins que ce passage de l'enfant à l’adolescent, et sur laquelle nous aurons à revenir plus loin, lorsque nous nous occuperons du traitement médical des Anormaux.

En matière de conclusion à cet essai, forcément incomplet, de pathogénie*, nous ne saurions mieux faire

1 L'on connaît les rapports qui existent entre le myxœædème et la fonction thyroïdienne,

? Le corps thyroïde est susceptible lui aussi d'augmenter de volume et d’hypersécréter.

3 Cet essai d'explication des troubles psychiques de l'enfance

Je be

que citer ces quelques lignes empruntées à un article

de M. Prerrer sur l'Hérédité psychopathique. « Nous

pourrons ainsi reconnaître que nombre de troubles de la pensée sont le résultat, non pas seulement d’une hérédité psychopathique plus facile à invoquer qu’à définir, mais de tendances familiales qu'ont les cellules nerveuses à faire de la mauvaise chimie élémentaire. Nous découvrirons aussi que bien des susceptibilités cérébrales imputées jusqu’à présent aux états de dégénérescence ne sont que la traduction des réactions biochimiques d’un cerveau rendu invalide par des intoxications intra-utérines, des maladies infectieuses de la première enfance ou des autointoxications chez l'adulte, »

est implicitement accepté par beaucoup de médecins spécialistes. Cf. particulièrement au Congrès d'hygiène scolaire tenu à Nürnberg les communications des D'S Stadelmann, de Würtzbourg, de MM. Gelpke, Wanner, Ley, etc. Enfin il a été adopté par M. le D’ Audemard, au Congrès des Médecins aliénistes et neurologistes de Dijon. — Rapp. Paris, Masson, 1908, p. 22.

1 Revue scient., 1896, p. 648.

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