II. On doit traiter médicalement les Anormaux
Dans bien des cas, la meilleure pédagogie, c’est l'hygiène ; le meilleur pédagogue, c'est le médecin.
(L. Proa, le Crime et le suicide des enfants.)
D'après ce que nous avons appris jusqu'ici des origines de l’Anormal, il est facile de comprendre que le rôle que nous assignonsau médecin, dans sa recherche et son traitement, est beaucoup plus étendu que celui que veulent lui attribuer les psychologues contemporains, tels que M. Biner. Avant d’être livré aux mains des pédagogues qui lui appliqueront des méthodes spéciales de travail et d'enseignement, cet enfant appartient au médecin qui, seul, sera en mesure, non seulement de découvrir la tare héréditaire ou acquise au cours de la première enfance, mais de préciser encore le nombre, l'étendue et le degréde ces cicatrices qu’une
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BL ER cause insignifiante d'intoxication viendra lout à coup réveiller.
Les chapitres précédents nous ont fait voir toute la complexité de la question. Nous avons vu ce qu'il fallait entendre par les s{igmates, dits de dégénérescence, qui accompagnent si souvent des lésions plus profondes du système nerveux. Ces malformations, ces insuffisances glandulaires, ces infirmités multiples de la seconde enfance deviendront à leur tour la cause provocatrice de troubles secondaires : d’abord, effets de l’infection première qui les a provoquées, au même titre que les cicatrices plus profondes laissées dans le système nerveux, elles ajouteront ensuite, par la persistance de leur présence, leur action néfaste à celles des causes normales ou pathologiques d'intoxication, durant les diverses périodes de l’évolution de l'individu qui en est atteint.
C'est ainsi que des végétalions adénoïdes entraveront le développement physique et intellectuel d’un enfant, et particulièrement ce dernier, si son cerveau présente des points de moindrerésistance. Très souvent, en effet, des végétations adénoïdes ont suffi à rendrearriérés, et pour toute leur vie, des enfants qui en étaient porteurs : c’est qu'elles n’agissent pas seulement en diminuant la puissance d'attention et l’acuité auditive, mais aussi par les phénomènes d'irritation réflexe! et
1 C'est ainsi que nous avons récemment observé à l'hôpital Desgenettes, dans le service du [° Fiévreux, un malade atteint des végétations adénoïdes qui présentait des crises d'épilepsie — très probablement d'origine réflexe — puisqu'il suffisait de toucher ces végétations pour les provoquer extemporanément.