‹ Les Invalides CérébrauxChapitre 25 sur 35 · RES ER TRUE · texte numérisé non relu

RES ER TRUE

DUT 2 le tic tac d’une montre et présente à l’examen des lésions très appréciables. De même le mélancolique et le neurasthénique localisent à certains points de leur . corps, à certains de leurs organes splanchniques leurs préoccupations morbides : l’un aura des hallucinatons tactiles, qui ne perçoit plus la sensation de piqûre ou de contact ; l’autre aura des hallucinations cœnesthésiques, dont certains viscères fonctionnent mal.

Ceci dit en passant pour faire mieux comprendre l'importance qu'il faut donner aux troubles sensoriels dans la genèse des anomalies mentales présentées par les enfants. Quelques exemples et quelques chiffres ne seront pas superflus.

Les myopes, les hypermétropes surtout, et les astigmates sont fréquents parmi les anormaux. D’après SCHLESINGER on rencontre.

Une myopie peu accentuée dans 15 p. 100 des cas.

Une myopie forte st SEE TU ME 2e Du strabisme As PP he jui Du nystagmus (rare) PDU PS ee AE

VAnNER a trouvé 69,1 pour 100 des Hilfsschüler de Munich qui étaient durs d’oreilles ; Scamir-MonnarD 80 pour 100 dans les écoles de Halle. ScarEesiNGER donne les chiffres suivants :

Hilfsschüler ayant une affection de l'oreille moyenne en évolution . . . 33 p. 100.

{ Le même auteur a insisté sur l'importance de l'incapacité dans la lecture des couleurs chez les anormaux : 15 pour 100 se trompent ou ne voient pas certaines couleurs; 5 pour 100 n’en voient aucune.

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Hilfsschüler simplement durs d'oreille 25 p. 100.

Le D' Vanner a examiné systématiquement les oreil-

les de 39 anormaux, soit 78 oreilles. Il en en a trouvé 75 qui n’entendaient pas ou mal: r1 fois, il s'agissait d’un bouchon de cérumen, 28 fois, d’un catarrhe de la trompe avec atrophie du tympan ; chez deux enfants, d’une suppuration chronique de l'oreille moyenne. Parmi les autres enfants, l’on trouvait des inflammations chroniques, guéries avec ou sans perforation. Deux d’entre eux présentaient des cicatrices à la mastoïde : signature d'un processus grave qui avait touché l'oreille moyenne.

Les auteurs allemands font, à ce propos, remarquer que tous les enfants pouvaient être guéris ou améliorés en partie par un traitement bien compris. Que d’enfants considérés comme des idiots 1rrémédiables ont été de ce fait grandement améliorés. « Je ne veux pas « savoir, dit Vanner, combien d’adultes sont enterrés « vivants dans des asiles d’idiolts pour une surdité

« quasi-complète ou une surdi-mutilé remontant à « l'enfance. »

Nous avons vu comment l'olfaction pouvait être gênée par des végétations adénoïdes (4,5 pour 100 des cas, d’après Scaminr-Monnarp).

Mais les organes des sens ne sont pas les seuls à présenter des infirmités et des lésions. Tout l'organisme peut être touché. Le médecin devra donc ausculter consciencieusement le cœur et le poumon de ses petits malades : une lésion cardiaque minime‘, une tubercu-

4 On connaît bien les troubles de croissance liés aux lésions valvulaires, le nanisme mitral par exemple.

DE

MN EU lose extrêmement peu étendue d’un sommet donnent souvent lieu à des troubles psychiques, qui empruntent leur caractère spécial à l’état d'infériorité dans lequel se trouve être certaine partie ou totalité de leurs hémisphères.

L'appareil digestif! est aussi celui qu'il faut surveiller le plus, à cause des phénomènes d’auto-intoxication, bien connus depuis les travaux du professeur Boucxar», dont il est souvent le point de départ. La constipation par résorption des produits toxiques de la digestion et des fermentations anormales qu’elle entraîne, les vers infestinaux, par les troubles qu'ils amènent dans l'organisme sont, à des titres divers, des agents provocateurs redoutables de ces troubles nerveux de l’enfance dont l’origine si obscure est trop souvent méconnue.

Mais 1l est encore un point sur lequel il convient d'appeler l’attention du médecin. Nous avons eu déjà l’occasion de parler du rôle important des sécrétions internes et des troubles variés que leur insuffisance ou leur retard d'établissement apportent dans la nutrition de l'individu. On sait aujourd’hui quel bénéfice peuvent retirer tous ces malades, retardés dans leur développement, d’une thérapeutique nouvelle, consistant dans l’emploi des extraits d'organes dont les fonctions glandulaires sont troublées. C’est ainsi que dans les

1 M. M. de Fleury a donné les principales règles de la thérapéutique de la paresse; il insiste surtout sur la nécessité qu'il y a de régler chez les enfants l'hygiène alimentaire, l’exercice physique et l'emploi de la journée /le Corps et l'âme de l'enfant, A. Colin, 1899).

cas de crétinisme avec myxædème, M. le professeur Wizz préconise l’iodothyrine de Bowmanx (il la préfère à la glande thyroïde fraîche surtout chez les obèses, qu'elle fait considérablement maigrir). Il faut avoir soin de faire une interruption de cinq jours, tous les dix jours de traitement et de surveiller le pouls et l’appareil circulatoire des petits malades. Ce traitement a donné d’excellents résultats, par l'emploi concomitant du régime lacté et végétarien.

C’est à la puberté que s’établissent certaines sécrétions glandulaires dont l'action sur des centres nerveux déjà malades, n’est pas sans avoir de sérieux inconvénients. À ce moment-là, des enfants se révèlent mauvais sujets, indisciplinés, paresseux, qui jusque-là avaient été tranquilles et laborieux. Les garçons peuvent devenir des criminels de tout genre, les filles se livrer à la prostitution : cette autre forme de la criminalité féminine pour certains anthropologistes? ; enfin chez les uns et les autres s'établit un état nerveux spécial, qui chez de grands cicatriciels, peut se manifester sous forme de crises convulsives, rattachées soit à l’épilepsie, soit à l’hystérie.

Même chez un enfant normal, les auteurs ont signalé, à l'époque de la puberté, des états nerveux, fugaces, se manifestant par des {endances antisociales.

Aussi, chez la plupart des Anormaux, dont, jusqu’à

! Cours du professeur, cliniques de la Charité, 1907-1908.

? « La prostitution constitue donc une forme de criminalité, une criminalité d’impuissance qui dispense la femme plus souvent que l’homme de la criminalité violente et destructive » (Ch. Féré Dégénérescence el criminalité, p. 77).

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