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dissoute ; enfin beaucoup d’entre eux sont orphelins de père et de mère. Naturellement l'alcool et toutes les déchéances physiques et morales qu'il entraîne, auront prise facile sur ces esprits débiles et suggestionnables, enclins à faire le mal. À l’heure de choisir un métier, ils ne pourront se décider à aucun ; car c’est encore là un de leurs caractères les plus intéressants que la facilité avec laquelle ils changent à tout instant de profession : Leur instabilité, autant physique que mentale les pousse à sans cesse errer d'un but à un autre sans se décider pour aucun d’eux ; ils aboutissent alors à un vagabondage plus ou moins déguisé avec tous les aléas qu'il comporte et qui, un jour ou l’autre, finit par les amener devant le juge d'instruction.
Mais il est d’autres anormaux qui appartiennent à une classe plus aisée de la société que les précédents. Ils sont encore mal connus, mais nous ne sommes pas éloignés de les croire aussi nombreux. Les familles qui tôt ou tard s’aperçoivent de leur erreur, cherchent à les cacher jusqu’au jour où un scandale les force à prendre à leur égard, des mesures particulières de correction, vouées d’ailleurs, d'avance, à l’insuccès.
En terminant, en effet, ce travail nous aurons à dire un mot du traitement moral qu'il convient d'appliquer à ces malades, et nous envisagerons les fameuses questions de leur mariage et de leur engagement qui sont les solutions généralement choisies par les familles, à bout de combinaisons. Disons dès maintenant que ces moyens héroïques sur lesquels on commence déjà à revenir, mais contre lesquels les médecins ne sauraient trop être mis en garde, précipitent, au lieu de
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la retarder, l’évolution de la maladie. La prison s'ouvre assez rarement pour de tels malades, car on étouffe le plus possible les affaires et les scandales, mais elle s'ouvre quelquefois. Leurs stendances antisociales, s’exerçant dans des limites plus restreintes et dans un milieu particulier restent longtemps méconnues. L’asile, d'autre part, en recueille un grand nombre qui, sur le tard, viennent s’y échouer. Mais il estun moyen terme entre ces deux aboutissants : c’est le suicide.
L'on trouvera sans doute, que nous sommes trop bref, que chaque idée demanderait à être développée avecun plus grand luxe de détails et gagnerait d’être appuyée de quelques observations. Mais ce serait sortir des limites que nous nous sommes tracées au début de ce travail, nous entendons rester sur le terrain clinique, et si nous avons donné cet aperçu de la question d’un point de vue légèrement à côté, c'était pour en dégager les conclusions suivantes : si les familles mieux averties des choses de l’hérédité et du rôle des intoxications dans la genèse des troubles nerveux, ne considéraient pas si souvent le moral et l’état intellectuel de leur enfant comme une chose à part, indépendante, mais au contraire se pénétraient bien de cette idée que les rapports sont étroits entre l’état anatomique de la cellule nerveuse et sa fonction, et qu’à chaque instant l’une n’est que la résultante de l’autre, 1ls éviteraient à leurs enfants une vie manquée, trop souvent brutalement brisée, et à euxmêmes bien des peines et des déceptions. Si d'autre part, alors que les enfants sont à l’école, les maîtres qui
Vale se chargent de leur instruction première, savaient que les paresseux, les vicieux, les colères, et assez souvent les petits prodiges partiels ! sont des enfants malades qui auraient un plus grand bénéfice à retirer d’un traitement médical que des pensums ou des travaux exorbitants imposés, ils s’éviteraient, à eux bien des ennuis et des efforts inutiles et à leurs élèves inat-
tentifs ou trop zélés bien des catastrophes pour plus tard. |
1 « C’est que, pour eux, la perfection scolaire aura été un but ou un moyen. On ne les a dressés qu'à parfaitement obéir et ils obéiront toujours. On ne leur a pas dit que la vie commençait après, qu'il s'agissait non pas d'être toujours un élève modèle, mais de devenir bientôt un homme indépendant, valant par soi, capable d'initiative (M. de Fleury, le Corps et l’âme de l'enfant, p. 204). » Pour M. Pierret, les premiers d’une classe, surtout des classes supérieures d'un lycée, sont très souvent des anormaux,
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