‹ Les Invalides CérébrauxChapitre 32 sur 35 · CE QU'IL RESTE À FAIRE · texte numérisé non relu

CE QU'IL RESTE À FAIRE

Evidemment l’organisation actuelle est insuffisante pour assurer l'instruction et le dressage de tous les anti-sociaux de la population scolaire. C’est pour excuser en quelque sorte ce retard sur nos voisins que nous croyons devoir dire un mot des obstacles qui se sont opposés et s’opposeront encore à la réalisation de cette œuvre. Il faut compter sur deux ordres de difficultés ; les unes venant des organisateurs ; les autres des familles. Aux premiers ce qui manque le plus, on l’a deviné déjà, c’est l'argent : on trouverait encore des maîtres compétents, des médecins dévoués, peutêtre plus difficilement qu'on ne le croit des locaux spéciaux, mais des crédits, c'est une autre affaire. Il faut se bien pénétrer de ce fait que si les écoles spéciales allemandes ou belges sont si florissantes, c’est qu’elles sont surtout l’œuvre des municipalités et des sociétés de patronage, et que, depuis quelques années seulement, le gouvernement y a apporté son appui matériel et moral. On se soucie peu en France d'engager ses capitaux, même dans des œuvres de bienfaisance et de solidarité sociale, et l’on attend avec impatience du gouvernemeut des crédits et des projets de loi.

Les difficultés provenant des familles sont pour le moins aussi importantes, quant à l'effet moral produit. En Allemagne où la loi sur la gratuité et l’obli-

gation de l’enseignement primaire n’a pas eu l'unité qu'on lui a donnée chez nous, les infractions sont rares et toujours plus sévèrement punies. En France. les irréguliers volontaires qui fréquentent peu ou pas du tout l’école primaire, soit par négligence des parents ou des municipalités, soit le plus souvent par la faute volontaire des premiers et la coupable complaisance des secondes, sont beaucoup plus nombreux qu'on ne se l’imagine, dans les campagnes principalement. Il faut ajouter à cela que peu de familles voient d’un bon œil le médecin s’immiscer dans leurs affaires privées, et, à plus forte raison, le gouvernement. Si l'on éprouve déjà beaucoup de difficultés à maintenir les normaux à l’école, que sera-ce pour les anormaux ? Car il faut bien avouer que les parents’ sont prêts à protester par tous les moyens contre un maître qui demande l'exclusion de leur enfant de sa classe, et un médecin qui le considère anormal.

« Anormal, c'est un terme assez vague dans l’esprit des psychologues et des médecins, mais c'en est un à signification précise, bien qu'inexacte, dans l'esprit du profane. Cela veut dire: fou, détraqué,etc. » Aussi, lorsqu'il fut question d'établir à Bordeaux, l'Ecole spéciale à l'asile d’aliénés, c’est à peine si l'on put réunir deux ou trois enfants: et c'est ainsi qu'à Lyon, lorsque fonctionnèrent pour la première fois

i Ce serait une erreur de croire que ce sont toujours les plus pauvres ou les plus ignorants,

les classes de perfectionnement, l'on fut obligé de convier les parents, sur leur demande, à venir se rendre compte par eux-mêmes que les leçons données à leurs enfants ne diffèraient pas considérablement de celles des classes ordinaires et qu'ils n'étaient point l'objet de quelques mauvais traitements.

. L'on objectera que c’est une question d’habitude et un pli nouveau à donner aux mœurs actuelles, mais c'est une difficulté sur laquelle il faudra compter dans l’organisation future.

Cependant l’on peut espérer vaincre ces préjugés et ces craintes ridicules qui se font chaque jour moins résistants. La Science, dit M. F. Le Danrec, fait reculer du même coup, dans les esprits les limites de l'ignorance et celles dela peur. D'ailleurs nous n’en voulons pour preuve que la rapidité assez grande avec laquelle le public s’est adapté aux mesures nouvelles, prises par les municipalités de Lyon et de Bordeaux envers leurs enfants malades ou indisciplinés. M. le D' CazaL nous disait, en août dernier, que tout un quartier des Brotiteaux, celui de la route de Vienne, avait adressé au Maire une pétition pour la création immédiate d’une classe spéciale et que, spontanément dix-huit familles avaient offert d'y placer leurs enfants.

Cela, sans doute, est encourageant et fait espérer à beaucoup d’organisateurs que l’on obtiendra les mêmes résultats pratiques que nos voisins d’Outre-Rhin moins enthousiastes, mais plus disciplinés.

! Car dans l'esprit du public les « fous » sont encore l’objet de quelques tortures barbares de la part des malheureux médecins ahénistes qui s’en occupent.

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En attendant, il est probable que, pendant longtemps encore, les parents continueront à traiter à leur guise l’anormalité de leurs enfants. Nous avons précédemment indiqué les principaux remèdes, encore efficaces au yeux de la foule, il convient maintenant d'y insister un peu plus. Quand, après mille difficultés et tracas de toutes sortes, une famille est parvenue à faire franchir à son enfant cette période qui sépare la première année de la dix-huitième, une solution pleine d'espoir, s'impose à elle, du problème douloureux qui l’agitait depuis si longtemps : que ferons-nous de notre fils ? La réponse se fait attendre dix-huit ans. Ils l'engagent!. D'ailleurs le régiment n'exerce pas seulement sur les parents, mais encore sur les anormaux eux-mêmes, la puissance de son attraction. Depuis des années on leur en a parlé, tantôt comme d’un but proposé à leur activité future, tantôt comme d’une menace de châtiment. L'idée en eux s’est fixée; elle a grandi, s’associant à beaucoup d’autres, et, dans leur imagination souvent très forte, la vie militaire est apparue comme l’orgueilleuse réalisation de leurs rêves antisociaux. Tandis que les parents espéraient sur le changement subit de la condition nouvelle, sur les beaux et nobles sentiments qu’elle développe au cœur de ceux qui l’embrassent, sur le frein qu’elle impose par la discipline qui est la base de son organisation aux tendances trop personnelles, aux volontés inflexibles,tandisqu'ils attendaient, avouons-le, une sorte de miraculeuse rédemption, l'enfant espérait, lui, sur l'éloignement qui l’arrachait

1 Cf. la thèse du D’ Cazeneuve, Engagement volontaire et dégénérescence mentale, Lyon, 1906.

au sein d’une famille despotique, sur la liberté relative que lui donnait sa carrière, sur tout le côté pittoresque et changeant de sa vie, et aussi sur la partie la moins noble de son métier : il escomptait la paresse facile, en dehors des heures d’exercices, et les satisfactions multiples à ses instincts dépravés. Toutle monde y trouvait son compte. Le père et le fils s’acheminaient vers le bureau de recrutement, et l’on prenait l’un par pitié de l’autre.

Les résultats ne se faisaient pas attendre. Le métier des armes l'avait vite dégoûté, et, à l’étonnement de tous, des parents surtout, l’on s’aperçevait un peu tard que son état mental ne lui permettait pas plus de s’adapter à la condition militaire qu’à toute autre. Il s'était vite signalé par quelque mauvais coup, par une absence illégale devenue bientôt désertion, ou tout autre manquement à la discipline qui l’amenait, très rapidement après son incorporation, devant le conseil de guerre. C’est ainsi que, dans un petit livre paru l’an dernier sous le titre les Dégénérés dans les Bataillons d'Afrique, un médecin militaire, le D' Jude, dépeint l'état mental de ces engagés qui viennent s’échouer un jour aux compagnies de discipline : « Dès dix-huit ans « n'ayant encore encouru aucune condamnation, ils « s'engagent, dans l’Infanterie coloniale, en général, « soit que la famille les y pousse, espérant les relever « soit qu'ils recherchent eux-mêmes la vie errante du « soldat colonial, soit qu'ils y soient attirés par l’ap- « pât de la prime. Beaucoup de ces malheureux « continuent au régiment la vie de paresse qu'ils me- « naient auparavant. [ls ne savent pas s'adapter à la

NC Ve à EE « discipline, répondent, discutent, volent, etc.» p. 15.

Au dernier Congrès des aliénistes à Dijon, lors de la discussion durapport du D' Caron sur l'assistance des anormaux, le D' Gransux disait à propos de ceux qu’un placement à la campagne avait heureusement modifiés :

«Mais j'ai constaté aussi que la plupart de ces individus, qui s’étaient réadaptés à leur milieu social, étaient incapables de s'adapter à la vie militaire. Cette nouvelle et dure existence, qui n’est pas sans éprouver les normaux, troublent profondément ces anormaux ; méconnus de ceux qui les entourent, ils se sentent comme perdus. Les uns — le plus petit nombre — s'irritent et deviennent méchants ; les autres — la majorité —s’'écroulent, et quand, leur état mental étant reconnu, on les réforme, ils ont perdu du terrain et ne le regagnent pas toujours. C’est là le gros danger pour l'avenir. »

Les familles, et aussi les médecins, particulièrement les médecins militaires, ne connaissent pas toujours ce danger. Les engagés volontaires sont d’ailleurs à bien d’autres titres une source d’ennuis pour les officiers, d'abord, et ensuite pour les médecins militaires euxmêmes. Tous nos maîtres, à l'hôpital Desgenettes, n’ont cessé d'attirer notre attention sur ce point, et, s1 à notre tour, nous signalons cet écueil, c’est dans l'espoir d’être utile à beaucoup en permettant de léviter plus souvent.

Tout n’est pas erreur pourtant, dans cette opinion de la foule que la vie militaire peut transformer les anormaux, la meilleure preuve est dans ce fait que

beaucoup de médecins et même des spécialistes l'ont partagée et la partageront encore. Parmi les bons éléments thérapeutiques de cette cure sociale signalonsen deux qui sont à la base même du traitement des anormaux d'écoles tels qu’il est institué en France et à l’Etranger. C’est d’abord le changement brusque de milieu, l'éloignement souvent considérable qui peuvent heureusement transformer ces natures instables et indisciplinées. Dans une conférence sur les anormaux, M. Prerrer recommandait de « dépayser les Jeunes gens les plus turbulents et de les envoyer dans les pays neufs ». N'oublions pas que c’est là une question de tempérament et que beaucoup s'y sont amendés là où d’autres s’y sont plus complètement perdus. Quelques uns contractent dans ces pays lointains les plus tristes habitudes. C’est que souvent partis trop Jeunes et sans direction, dépensant des sommes d’argent parfois considérables, ils n’ont vu dans cet éloignement de la famille que la possibilité d’en abuser d'avantage !.

Un autre élément bienfaisant qu'apporte avec elle la vie militaire, c'est l’usage constant, à doses modérées des exercices physiques. L'éducation professionnelle est encore ce qui réussit le mieux à ces anormaux : déjà aux plus bas degrés de l'échelle, imbéciles et

‘ Nous avons pu, au cours des vacances dernières, observer dans le service de M. le médecin-major Schneider, à l'hôpital militaire Desgenettes, un jeune homme, en prévention de Conseil de guerre, qui avait fait des abus d'opium et d’éther aux colonies et même depuis son retour en France et qui était envoyé en observation pour troubles mentaux.

idiots profitent dans le service de M. Bourevizce des travaux manuels faciles qu’on leur a appris et s’en acquittent non seulement à la satisfaction des maîtres durant leur séjour à l’asile mais souvent des patrons qui ont eu l’occasion de les employer lorsqu'ils en étaient sortis. Avec de la patience on arrive assez vite à intéresser ces instables et Le travail manuel devient le grand ressort de leur intruction qui doit procéder elle aussi par manipulation et leçons de choses !. On leur apprendra plus vite à se servir de leurs mains, que de leur cerveau ; leur avenir est plus dans le geste que dans l’idée. Leur mettre un métier dans les mains comme le dit M. Prerrer, afin de leur permettre un jour de gagner leur vie, et aussi de fixer leur attention et leur volonté et de détourner leur esprit des tendances vicieuses que la paresse y fait rapidement germer ; voilà surtout ce que l’éducateur et le médecin doivent essayer d'obtenir des anormaux. C'est ce qui a été fait à l'Etranger, particulièrement en Belgique et en Allemagne, où la multiplication des écoles d’apprentissage, des patronages, des colonies agricoles etc. ont donné de si merveilleux résultats. C’est aussi le but

1 « Il faut, dit M. Beauvisage, prendre pour base l’observation des choses, des êtres et des phénomènes, encourager par l'éducation physique et le travail corporel, en songeant non seulement à exercer les muscles des bras et des jambes, mais à exercer aussi les organes des sens, à exercer la voix et la parole qui permettent l'échange des idées et des sentiments, à exercer les mains au travail en enseignant le maniement d’autres outils que le crayon et la plume. » Les programmes de l'enseignement primaire et les enfants anormaux, Assoc. franc. pour l’avanc. des sciences, Congrès, Lyon 1906.

que se sont proposés les membres de la Commission bordelaise dans l'essai qu'ils ont fait de cette éducation spéciale des Anormaux. Mais pour avoir des chances de réussir cette éducation professionnelle doit commencer jeune et l'école d'apprentissage tendre vers l'internat, car la fréquentation de quelques heures par jour de l’école spéciale est bien insuffisante, comme le faisait remarquer M. Récrs au Congrès de Dijon, pour des enfants qui retrouvent souvent, le soir, dans leur famille, les mauvais exemples, la négligence, l’insuffisance des conditions hygiéniques et l'abandon moral ‘. C’est à ce maître que nous emprunterons les conclusions suivantes : « Je crois que l'idéal, c’est de réaliser pour les anormaux psychiques, ce qu’on a déjà réalisé pour les anormaux sensoriels, aveugles et sourdsmuets, c'est-à-dire l’Institution spéciale, autonome, qui a donné et qui donne, pour ces anormaux sensoriels, de si excellents résultats. La ville ou le département qui, le premier, créera en France une Institution de ce genre où seront admis tous les anormaux psychiques, à quelque degré et à quelque forme qu'ils appartiennent, et où le médecin, le pédagogue, le chef d’atelier et le chef de culture collaboreront en une étroite solidarité, aura réalisé d'emblée le maximum du progrès en ce qui concerne l'éducation et l’assistance des enfants anormaux ».

Une grosse question encore pour finir, c'est celle du mariage. Que de familles ont cru corriger leur fils ou

1 Pour ces divers motifs, M. Pierret recommande de confier : les anormaux à des étrangers parfaitement qualifiés.

leur fille en les mariant ! Il sortirait du cadre de notre travail de nous étendre plus longuement, mais nous ferons simplement remarquer que, pour le côté médical qui nous intéresse particulièrement, le mariage porte en lui son danger : celui de la mise au monde d’enfants qui hériteront des tares de leurs procréateurs. Nous nous sommes expliqués déjà sur l'hérédité, et sa fatalité est un non-sens scientifique auquel nous ne faisons pas appel ici.

S1 le mariage, en ce sens qu'il apporte un changement dans les conditions d’existence, changement plus considérable chez la femme par l'établissement de la vie sexuelle, a pu produire de bons effets, il en est de lui comme de la vie militaire, 1l peut exagérer les tendances antisociales qu'il devait étouffer ; car 1l ne faut pas oublier, comme le disait M. le D' Caron dans son rapport au Congrès de Dijon, que « les anormaux « psychiques ne sont pas qu'un déchet inerte dans la « collectivité. Leur activité malfaisante dans la cri- « minalité, la contagion, la reproduction dégénérative, « est un facteur important de destruction et de ruine « pour le capital matériel ef moral de l'humanité ».

Concluons en peu de mots.

Les essais tentés en France, à Paris, à Bordeaux et à Lyon, pour l’assistance et le traitement des anormaux, ont déjà donné des résultats encourageants, mais ce qui a été fait n’est que très peu de choses en comparaison de ce qui reste à faire. Les moyens employés par les familles sont trop souvent plus dangereux qu'utiles à l'individu et à la société pour être préconisés. Il faut, au contraire, beaucoup attendre de l’édu-

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cation professionnelle, des écoles de perfectionnement, des maisons de réforme, des colonies familiales et plus tard des patronages!. Ce qu'il ne faut pas oublier surtout, c’est que, du fait de ses infirmités psychiques, l’'anormal est un malade, soit héréditaire, soit cicatriciel, et assez souvent les deux à la fois; qu’il porte avec lui des tares physiques qu’un traitement précoce et longtemps poursuivi (cela est vrai surtout de la syphilis et de la tuberculose qui sont des maladies à longue échéance) peut arriver à guérir, et qu’une hygiène bien comprise peut mettre à l’abri des récidives (anormaux à accés) et des diverses causes d'intoxication, durant le cours de son existence.

Mais avant de terminer cette étude, l'esprit même qui nous a guidé pour l'écrire nous suggère quelques observations qui pourraient, à première vue, passer pour sa propre critique. Pourtant que l’on ne se méprenne pas sur la vraie signification de ce paradoxe, car ce n’est qu'un paradoxe. D’aucuns diront, en effet, après avoir lu ce travail, que l’anormalité n'étant qu'une approximation d’un état mental que l’on ne peut définir entièrement, il est peut-être exagéré de vouloir prétendre à la guérir, qu'après tout les anormaux sont peut-être nécessaires dans une société, que le crime et la folie ont existé de tout temps parmi les

hommes, et que le Bon et le Parfait n'existent que vir-.

tuellement par le contraste du vice et de l’imperfection

! Toute cette question a été débattue avec beaucoup d'autorité au dernier Congrès de Dijon. L'un des vœux émis a été celui de créer dans chaque chef-lieu de département une école de perfectionnement pour enfants anormaux.

qui gouvernent le monde ? Ils pousseront peut-être plus loin leur paradoxe et soutiendront que c’est un danger

que de vouloir faire rentrer tous les hommes dans un cadre de convention, que de vouloir, dans un besoin d'égalité, faire de tous une honnête médiocrité ; que

peut-être, après tout, les originaux ne sont pas inutiles à une société et qu'on risque, en les supprimant, de priver cette dernière d’une partie intéressante de son élite, car de grands hommes ont été dans leur enfance et sont restés toute leur vie des anormaux, et le progrès ne se fait que par l'effort et les idées de quelques-uns. Ils conclueront en somme que, bonne en elle-même, cette œuvre d'assistance, de traitement et de prophylaxie sociale ne donnera pas toujours dans la pratique les bons résultats qu’on en attendait.

Mais nous répondrons que ces « anormaux » supérieurs n’abondent pas et qu'ils sauront, de par le fait de leur supériorité, s’adapter suffisamment aux conditions actuelles de leur existence, et que le jour où ils deviendraient pour la société une cause de trouble et de destruction, les forces de la vie elle-même suffiraient à les éliminer. Nous répondrons également que l'œuvre en elle-même est bonne et qu'elle ne donnera pas de déceptions, si elle est bien comprise et acceptée sans d’illégitimes prétentions sur les résultats finaux qu’on attend d’elle ; qu’enfin l’on doit aller jusqu’au bout dans la recherche de la vérité, quelque force de vie et d’illusion que renferment le mensonge et l'erreur, car la science et l’homme ne sont qu'un et participent l’un et l’autre au même devenir.

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