LIVRE TROISIEME
Après avoir passé le Rhin, l'armée de Sambreet-Meuse fut contrainte de battre en retraite à la fin d'août 1 79G. Cette retraite , en face d'un général tel que le prince Charles , fut une des belles opérations militaires de Jourdan. Le 3 septembre, il se trouva forcé de livrer bataille, la perdit et, ayant rallié les troupes de Marceau, qui venait d'être tué à Altenkirchen, il envoya sa démission.
De retour dans sa patrie en 1796, il reprit tranquillement sa vie paisible d'autrefois. Il en fut tiré par les suffrages honorables de ses concitoyens , qui le nommèrent en mars 1797 membre du conseil des Cinq-Cents, qui l'élut deux fois son président et une fois son secrétaire.
En 1 798 , on lui confia le commandement de l'armée du Danube, qu'il accepta; il se rendit à son poste avec quarante mille hommes, avec lesquels il envahit la Souabe et lutta contre une armée presque double, commandée par le prince Charles. Le 21 mars 1799, attaqué par l'archiduc Charles, il replia ses ailes sur le centre et prit position à Stockach sur l'Aach. Après cette affaire, étant tombé malade, il remit le commandement de son armée à Masséna.
Le 21 janvier 1800, Jourdan fut nommé inspecteur général d'infanterie et de cavalerie, et quelques mois plus tard, le 24 juillet de cette même année, ambassadeur auprès de la Repu-
blique cisalpine, enfin administrateur général du Piémont.
A la création de l'Empire, et lorsque Napoléon rétablit la dignité du maréchalat, Jourdan fut compris dans la première promotion, le 23 janvier 1804, et nommé en outre grand-aigle et chef de la seizième cohorte de la Légion d'honneur.
De mars 1806 à juin 1808, Jourdan resta auprès du roi de Naples plutôt l'ami que le lieutenant du prince. Il suivit Joseph lorsqu'il fut créé roi d'Espagne, qui le fit nommer major général de ses armées.
Après les malheureuses campagnes d'Espagne , il accepta, le 30 janvier 1814, le commandement supérieur de la quinzième division militaire.
Il fut accueilli avec la plus grande distinction par Louis XVIII, qui le créa chevalier de Saint-Louis et lui laissa son commandement.
Le 1 0 janvier suivant , il fut nommé gouverneur de la septième division à Grenoble. Chargé, au commencement de 1816, de présider le conseil de guerre qui devait juger Ney, il n'eut pas, ainsi que ses collègues , assez de prévoyance pour se déclarer compétent et sauver le maréchal en prononçant un arrêt d'acquittement sur lequel il eût été impossible de revenir.
On lui confia après 1830 le portefeuille des affaires étrangères, qu'il ne garda que quelques