‹ Les InvalidesChapitre 108 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

jours, ayant été appelé à des fonctions qui lui convenaient beaucoup mieux, celles de gouverneur de l'hôtel des Invalides.

Il y mourut le 24 novembre 1833, et fut inhumé en grande pompe sous le dôme de l'Hôtel, où sont déposés les restes de Turenne, de Vauban et ceux de Napoléon.

Par ordonnance du 17 décembre 1833, M. le maréchal duc de Conégliano est appelé à succéder au maréchal Jourdan au gouvernement des Invalides.

Pendant le peu de temps que l'Hôtel fut privé de son gouverneur, il fut vivement question de supprimer définitivement cette haute dignité , afin , prétendait -on, de compléter les économies que le gouvernement de Louis-Philippe avait déjà opérées dans le personnel de cet établissement depuis 1830. Cette opinion ayant trouvé de l'écho, surtout dans la Chambre des députés, la commission nommée à l'effet d'examiner le budget de la guerre de 1834 n'hésita pas à proposer, par l'organe de son rapporteur, M. Passy, la mise à exécution de cette mesure.

Laissons parler le Moniteur :

« Après la lecture de ce rapport , M. de Liadières prit la parole et s'exprima en ces termes :

« Quelque partisan que je sois des économies, quelque disposé que je me montre toujours à seconder les vœux et les besoins du pays à cet

égard, il est, je l'avoue, des économies que je ne saurais comprendre , et de ce nombre est celle qui a pour but la suppression totale de l'allocation affectée jusqu'à ce jour au gouverneur des Invalides.

» L'honorable rapporteur de la commission vous a dit que les fonctions de gouverneur des Invalides n'étaient pas indispensables et qu'elles pouvaient être supprimées. C'est pousser un peu loin, selon moi, le rigorisme des doctrines économiques; c'est avoir oublié, selon moi, la haute pensée qui préside à cette création, pensée qui, traversant plus d'un siècle, est venue sans s'affaiblir de Louis XIV jusqu'à nous; c'est l'avoir oubliée, dis-je, que de ranger le gouvernement des Invalides parmi les superlluités administratives.

m Certes, messieurs, si l'hôtel des Invalides n'était qu'un simple lieu d'asile pour quelques centaines de soldats, s'il n'était qu'un hospice militaire de plus, je comprendrais sans peine qu'on pût en abandonner la direction à quelque chef militaire plus ou moins obscur, à quelque agent secondaire de l'administration.

)) Mais il n'en est pas ainsi. Voyez quels sont les soldats et jugez quel doit en être le chef. Il ne suffit pas, pour y être admis, d'avoir rempli son métier de soldat, il faut l'avoir rempli avec distinction, il faut avoir vieilli sous les drapeaux ou s'être vu mutiler sur quelque champ de bataille. Ce n'est pas la

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