‹ Les InvalidesChapitre 110 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

dignité , donner des honneurs qui soient un fardeau pour ceux qui les acceptent. Je vote donc pour que l'indemnité soit maintenue, et je suis convaincu que le pays vous saura gré de cette forte libéralité faite au chef de nos vieilles gloires, comme une des plus utiles économies. »

Le rapporteur répondit :

« On me fait une objection , on parle des hommes qui n'ont pas de foyer; mais rappelez-vous, messieurs, qu'il est fort petit, le nombre de ceux qui entrent aux Invalides. Le personnel actuel est de quatre mille au plus, et, je le répète, pour le cas où la guerre viendrait à créer de nouveaux invalides, des hommes ayant droit au traitement de l'Hôtel , comme la commission l'a dit , ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de diminuer le nombre des entrées, parce que, la guerre survenant, vous aurez alors des places à donner aux hommes qui seront blessés sur le champ de bataille.

» Quant au traitement du gouverneur, il n'est pas besoin de longues explications pour vous faire comprendre en quoi consiste la question ; ce traitement est inutile.

» On a dit que le gouverneur des Invalides avait des gratifications à donner. Il est possible, mes sieurs, que, dans sa munificence personnelle, l'un des gouverneurs ait donné des gratifications aux soldats, mais ce n'est pas une nécessité. Les sol-

clats, aux Invalides, trouvent toutes les ressources qui sont nécessaires à leur subsistance et à leur habillement ; et je ne crois pas que dans aucun cas il y ait nécessité de leur accorder des gratifications.

» Quant aux visites des grands personnages et à la nécessité de les recevoir, lorsqu'on va à l'hôtel des Invalides, c'est pour voir l'Hôtel et non les appartements du gouverneur; on visite l'établissement, les hommes, les drapeaux, les canons, tout ce qui s'y trouve; pour le gouverneur lui-même, il n'est dans les Invalides qu'une simple décoration , et , je le répète, une décoration inutile; un commandant suffira : il y a moins de quatre mille hommes à l'Hôtel, et assurément un tel commandement n'exige pas un gouverneur.

» Au reste, je sais qu'il y a là une question délicate, parce qu'il s'agit du maréchal Moncey, d'un homme dont les litres à la reconnaissance nationale sont incontestables; mais après le maréchal Moncey, quand il ne sera plus (Dieu veuille qu'il vive longtemps), après lui vous aurez un autre gouverneur, et la question se représentera. (Aux voix! aux voix!) »

M. Jaubert prend la parole :

« Messieurs, dit-il, à propos du traitement de M. le gouverneur de l'hôtel royal des Invalides, l'institution elle-même a été attaquée par l'honorable rapporteur de la commission; il a fait valoir

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