LIVRE TROISIÈME
deux raisons qui malheureusement ne sont pas valables.
» Il a dit que, par suite de la paix dont nous jouissons depuis un certain nombre d'années, les places à l'Hôtel pourraient devenir vacantes. Une bien triste expérience, une expérience toute récente , nous a prouvé le contraire , et les braves qui forment les restes des vieilles phalanges d'Egypte et d'Allemagne verront bientôt arriver dans leurs rangs les braves qui ont également bien mérité de la patrie en combattant pour l'ordre public à Lyon et à Paris; nous n'en savons pas encore le nombre, mais il paraît que cette déplorable liste est considérable.
» L'honorable rapporteur pense que des allocations données aux anciens militaires mutilés, et dont ils jouiraient dans l'intérieur de leurs familles, remplaceraient avec avantage l'institution ellemême; mais il a oublié que dans ce système nous perdrions l'enseignement, la grande institution morale qui résulte d'une fondation magnifique , placée là aux yeux de tous comme un grand exemple à la vertu militaire. Cette institution morale disparaîtrait complètement en présence de ces secours distribués comme des aumônes aux vieux soldats , dans le sein des familles. Il ne faut pas oublier non plus, et cette réflexion a été faite tout à l'heure sur plusieurs des bancs de la Chambre lorsque M. le rap-
porteur a exposé ses vues à cet égard, il ne faut pas oublier qu'un grand nombre de soldats auxquels les places de l'Hôtel ont été accordées n'ont pas de famille, ne connaissent pas les jouissances du toit paternel, et ne sauraient où reposer leur tête si l'État ne se chargeait pas de leur sort. C'est donc l'État qui , dans leur vieillesse , doit leur fournir un noble asile. (Marques d'approbation.)»
)) Cette considération ne peut être perdue de vue.
» Je le dis avec regret , beaucoup trop de choses ont été attaquées dans le temps où nous vivons, mais je ne crois pas que la Chambre veuille entrer dans cette voie de destruction.
» Je reviens à la question en discussion , le traitement de gouverneur de l'hôtel royal des Invalides.
» Notre honorable collègue M. Liadières a présenté des arguments qui ont été contestés; mais je soumettrai à mon tour à la Chambre une réflexion qui n'est pas dépourvue d'intérêt, ce me semble.
» Le gouvernement, grâce au système de réduction dans lequel nous sommes entrés peut-être avec trop d'ardeur, a été successivement dépouillé des moyens de rémunérer les grands services. Veuillez y faire attention : lorsqu'un homme émanent a rendu à l'État des services signalés et qu'il sort de la carrière, eh bien! examinez successivement les différentes branches du service public , et