‹ Les InvalidesChapitre 128 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Napoléon, et il revint en France avec lui. L'ayant accompagné de nouveau dans la campagne de Saxe, il se distingua encore à Lutzen, à Bautzen et à Culm, où il alla remplacer Vandamme après sa défaite. Renfermé bientôt après dans Dresde, avec le maréchal Gouvion Saint-Cyr, il y subit toutes les peines et tous les travaux de ce malheureux siège. Ayant été chargé de diriger une sortie pour gagner, avec la plus grande partie de la garnison (quatorze mille hommes), les places de Torgau et de Magdebourg, il fut obligé de rentrer dès le lendemain, après avoir été repoussé par un corps autrichien, et vint augmenter les besoins de la garnison, en ajoutant à la consommation des vivres qui finirent par manquer entièrement , ce qui força le maréchal à capituler. Il obtint cependant de rejoindre l'armée française avec sa garnison; mais les ennemis violèrent indignement la capitulation, sous prétexte de non-ratiiîcation , et toutes les troupes que commandait Gouvion Saint-Cyr furent retenues prisonnières et conduites en Hongrie. Le comte de Lobau ne rentra en France qu'après la chute de Napoléon. Le gouvernement de la Restauration lui conserva son grade et le créa chevalier de Saint-Louis, comme la plupart des généraux de l'Empire. Dès que Napoléon fut revenu de l'île d'Elbe, en 1815, son ancien aide de camp se hâta de reprendre ses fonctions. Nommé alors pair de France , il fut bientôt

mis à la tète d'une division de la grande armée, et obtint un avantage important sur les Prussiens, le 18 juin, à Ligny. 11 commandait l'aile droite à Waterloo, et il donna encore dans cette occasion des preuves d'une grande valeur. Fait prisonnier à la fin de la bataille, il fut conduit en Angleterre, et ne put rentrer en France lors du rétablissement de la paix, se trouvant inscrit sur la liste de proscription du 24 juillet, que prononça le gouvernement de la Restauration. Ce n'est qu'en 1818 qu'il lui fut permis de revoir sa patrie, où il vécut ignoré jusqu'en 1828. A cette époque les électeurs du département de la Meurthe l'envoyèrent à la Chambre des députés, où il siégea avec l'opposition libérale jusqu'à la révolution de 1 830, dont il se montra l'un des coopérateurs les plus actifs. D'abord membre du gouvernement provisoire , il fit bientôt partie de la Chambre des pairs, succéda au général la Fayette dans le commandement de la garde nationale, et fut enfin nommé maréchal de France. Montrant en toute occasion le plus grand zèle pour le nouvel ordre de choses, il continua de jouir d'une grande faveur jusqu'à sa mort, qui arriva le 27 novembre 1 838. Ses funérailles se firent avec une solennité remarquable, et le comte de Ségur prononça son éloge à la Chambre des pairs, dans la séance du \ 1 juin suivant. La ville de Paris donna son nom à une nouvelle rue , et son buste fut placé dans la salle

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