LIVRE TROISIEME
de l'hôtel de ville, où il avait siégé en 1830, comme membre de la commission du gouvernement provisoire. On lui a érigé une statue en bronze sur la place de Phalsbourg.
Aujourd'hui, 20 janvier 1 839, ont été appendues aux voûtes de l'église, par ordre de Sa Majesté, deux grandes flammes conquises au fort de Saint- Jean d'Ulloa de la Véra-Cruz (Mexique), par notre armée navale.
Le 20 mars 1840, M. de Rémusat, ministre de l'intérieur, ayant demandé à faire à la Chambre une communication du gouvernement, prit la parole au milieu du plus profond silence :
« Messieurs, le Roi a ordonné à S. A. R. Mgr le prince de Joinville de se rendre avec sa frégate à File de Sainte-Hélène pour y recueillir les restes mortels de l'empereur Napoléon.
» La frégate chargée de cette immortelle dépouille se présentera à l'embouchure de la Seine. Un autre bâtiment l'apportera à Paris ; elle sera déposée aux Invalides. Une cérémonie solennelle, une grande pompe religieuse et militaire, inaugurera le tombeau qui doit la garder à jamais.
» Il importe, en effet, messieurs, à la majesté d'un tel souvenir que cette sépulture auguste ne demeure pas exposée sur une place publique , au milieu de la foule bruyante et distraite. Il convient qu'elle soit placée dans un lieu silencieux et sacré,
où puissent la visiter avec recueillement tous ceux qui respectent la gloire et le génie, la grandeur et l'infortune.
» Il fut Empereur et Roi ; il fut souverain légitime de notre pays : à ce titre il pourrait être inhumé à Saint-Denis; mais il ne faut pas à Napoléon la sépulture ordinaire des rois ; il faut qu'il règne et commande encore dans l'enceinte où vont se reposer les soldats de la patrie , et où iront toujours s'inspirer ceux qui seront appelés à la défendre.
» Son épée sera déposée sur sa tombe. L'art élèvera sous le dôme , au milieu du temple consacré par la religion au Dieu des armées, un tombeau digne, s'il se peut, du nom qui doit y être gravé. Ce monument doit avoir une beauté simple, des formes grandes et cet aspect de solidité inaltérable qui semble braver l'action du temps. Il faudrait à Napoléon un monument durable comme sa mémoire. »
D'universelles acclamations accueillirent cette communication, et le 10 juin la loi suivante fut promulguée :
a Louis-Philippe, roi des Français,
» A tous présents et à venir, salut :
)) Nous avons proposé, les Chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
« Art. 1er. Il est ouvert au ministère de l'intérieur, sur l'exercice de 1840, un crédit spécial de