‹ Les InvalidesChapitre 15 sur 322 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

M. de la Courneufve mourut le 45 mai 1753, et fut remplacé par M. de La Serre. François d'Azemar-Pannat, comte de La Serre, était un héros de Fontenoy. Il avait commencé à servir comme volontaire en 1708, au régiment du Roi; il se conduisit bravement à la bataille de Denain, aux sièges de Quesnoy, de Douai et de Bouchain. De 1712 à 1717, il se trouva aux sièges de Fribourg et de Landau. Le 6 octobre 1733, aide major général de L'infanterie de l'armée d'Italie, il se trouva en cette qualité partout où cette armée se distingua : à la prise de Milan , aux deux batailles de Parme et de Guastalla, et obtint en 1736 une commission de colonel.

Il se distingua surtout à Fontenoy, où il chargea l'un des premiers sur le fameux corps anglais, et fut plusieurs fois blessé ; demandé par le maréchal de Saxe et nommé commandeur de Saint-Louis, il se trouva aux deux batailles de Raucour et de Lawefeld ; à la suite de celles-ci le Roi lui remit luimême les insignes de grand-croix de l'ordre.

Enfin il fut le compagnon du maréchal de Saxe et avait pris part à toutes les affaires militaires de son époque.

Il mourut en 1 766 , et fut remplacé par le baron d'Espagnac, qui joignait aux qualités du général quelques-unes de celles qui font l'écrivain. Sous son administration une ordonnance rovale admit

indistinctement, comme les catholiques, les protestants, qui jusqu'alors n'étaient pas reçus à l'Hôtel. Cet acte de justice fut généralement approuvé par l'opinion publique.

A la même époque l'Hôtel reçut quelques visites royales : le 2 décembre 1708, celle du roi de Danemark. Christian VII, imitant Pierre le Grand, qui avait voulu voir les compagnons de Turenne, tint à se mêler à ceux de Raucour et de Lawefeld.

Par ordonnance royale du 16 février 1700, le nombre des sœurs de la charité fut porté de douze à trente.

En janvier 1771 le prince héréditaire de Suède, qui devait plus tard vaincre les Suisses sous le nom de Gustave III et tomber sous le poignard d'Ankarstroëm, vint visiter l'Hôtel et en emporta différentes idées qu'il mit à exécution; et si les armées suédo-norvégiennes ont aujourd'hui un lieu de retraite pour leurs vétérans, l'honneur doit en revenir à Gustave III et à Louis XIV.

Le 6 mai i77i Louis XV mourut. On prit le deuil à l'Hôtel, mais ce ne fut qu'un deuil olliciel, et les invalides virent avec indifférence passer le le cercueil du Roi.

Sous ce règne, l'institution de Louis XIV avait été religieusement respectée. Déjà elle comptait cent ans d'existence, et l'on pouvait la croire à l'abri de toute atteinte; mais il n'en fut pas ainsi

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