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LIVRE TROISIÈME

c'est la vérité, jaillie. de la foule, la générosité, la liberté, la victoire , nationalisées parmi nous, proclament la majesté du peuple français.

» Un souvenir digne de ce peuple et de ses trophées s'est présenté comme un phare pour me guider dans ma route.

» Après la victoire décisive remportée par la liberté à Marathon , le Fleuras de la Grèce ! les Athéniens accordèrent à leur chef Miltiade, pour unique distinction , qu'il fût peint le premier à leur tête. Ainsi doit s'offrir à nous l'éloge national des chefs de l'armée française. En célébrant la valeur et la vertu de l'un d'eux, que j'ai dû peindre au premier rang, sans l'isoler du rang, j'ai voulu célébrer la valeur et la vertu de cette héroïque génération qu'il fut si grand et si beau de commander dans les combats.

» Mes nobles collègues, ne soyons pas seulement justes envers les morts: à l'honneur des vivants, devançons , hélas ! de trop peu la voix de la postérité, adressons le tribut de notre piété patriotique aux glorieux et rares débris que le temps , à coups si rapides, aura moissonnés dans un moment.

» Honneur à ces hommes vaillants qui tout à l'heure, suivant la noble expression de l'un d'eux, seront aussi des ancêtres, et dont le nom seul transmettra la noblesse à leurs descendants, comme la gloire à leur pays !

» Soldats, officiers, généraux, qui, depuis Yalmy jusqu'à Marengo, depuis Austerlitz jusqu'à Waterloo, tour à tour avez combattu pour la liberté, les lois et la grandeur de la nation, vous qui survivez encore , souffrez que notre voix n'attende pas l'instant où vous ne pourriez plus l'entendre, pour payer à vos lauriers, à vos cicatrices, à vos cheveux blancs, l'hommage que tous les bons citoyens vous ont voué du fond de l'âme. Vous avez acquis dès votre jeunesse ce que les grands cœurs aspirent à conquérir au prix de toute une vie; satisfaits de votre renommée, heureux des conquêtes sociales et civiques assurées à la France par vos batailles de géants, achevez dans l'honneur et la paix une carrière décorée par de si beaux triomphes.

» S'il est dans les décrets de Dieu , qui donne et retire la paix quand il lui plaît , que vous quittiez une patrie qui vous admire et vous révère, sans verser pour elle encore une fois votre sang , songez du moins, et diminuez ainsi vos regrets, qu'une génération digne d'apprécier tout ce qu'elle vaut la grandeur de vos faits d'armes ne se montrera pas indigne d'en reproduire les prodiges dès qu'il faudra marcher sur vos traces, pour assurer, à votre exemple, les libertés, l'indépendance et la gloire de la France. »

Le duc d'Orléans, annoncé par le maréchal duc

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