‹ Les InvalidesChapitre 170 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

l'analyse ou de l'observation un principe, il ne le quittait plus; il le promenait pour ainsi dire, en poursuivait et variait l'application jusqu'à ce qu'il lui eût fait rendre tout ce qu'il pouvait renfermer. De 18221 à 1830, Valée se consacra sans relâche à l'exécution du vaste plan qu'il avait conçu. Pour la défense des places et celle des côtes, il fit adopter un affût qui ne ressemblait en rien à ceux dont on s'était servi jusque-là, et dont la simplicité, la légèreté, jointes à la solidité, en ont fait une de ses inventions les plus précieuses. En même temps nos manufactures d'armes, si mal placées près de la frontière, furent sur sa proposition transportées dans l'intérieur. Saint-Étienne, Châtellerault s'élevèrent; toutes les ressources de la science furent appliquées à la fabrication des armes. Dans celle de la poudre, des meules remplacèrent l'ancien mode de trituration si vicieux, et les poudreries furent reconstruites en les appropriant au nouveau système. » Les gouvernements responsables abandonnent aux hommes dits spéciaux l'initiative des grands changements. En 1828, celui de la Restauration avait créé un conseil supérieur de la guerre, présidé par l'héritier de la couronne, et qui était saisi de toutes les questions relatives à nos institutions militaires et à la constitution de tous les corps de notre armée. C'est à ce conseil que le général Valée présenta une organisation nouvelle du personnel de

l'artillerie, que les changements apportés dans le matériel rendaient indispensable. Yalée avait été souvent frappé, dans les sièges et sur les champs de bataille, des inconvénients de la division de l'artillerie en trois corps. Il conçut la grande pensée de donner au personnel, comme au matériel, l'unité et l'homogénéité qui leur avaient toujours manqué. La batterie devint un tout complet, où les conducteurs et les canonniers, placés exactement dans les mêmes conditions, obéissaient au même officier. Chaque régiment d'artillerie eut le même nombre de batteries à pied et de batteries à cheval. Les batteries à pied reçurent des chevaux d'attelage; officiers et soldats furent tenus de compléter pendant la paix leur instruction de guerre. Le conseil supérieur n'hésita pas à adopter à l'unanimité cette admirable création, qui mettait l'artillerie française au niveau, si ce n'est au-dessus de toutes celles de l'Europe. C'est alors que le gouvernement, pour récompenser les services du général Valée , et placer plus particulièrement encore l'artillerie sous sa direction, rétablit pour lui l'emploi et la dignité de premier inspecteur général; et le roi Charles X, voulant honorer l'artillerie elle-même dans la personne de son chef, le nomma pair héréditaire du royaume , par une ordonnance du 27 janvier 1830.

)) Mais déjà se préparaient pour lui de nouvelles destinées. Le pavillon français avait été insulté par

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