LIVRE TROISIEME
menls qu'il prend à l'ennemi. Rentrant à l'île de France avec ses prises, il y trouve une nouvelle lutte. Un bâtiment anglais l'attendait, il le réduit. Puis survient une division tout entière qu'il faut de nouveau combattre, et qui est à son tour vaincue. Voilà quel fut ce beau fait de guerre que la France reconnaissante a enregistré dans son histoire sous le nom de combat de Grand-Port.
» L'action de Lorient avait fait Duperré capitaine de vaisseau , le combat de Grand-Port le fit contreamiral : c'était en 1 810. Depuis lors, jusqu'en 1 830, l'amiral Duperré ne cessa pas de rendre des services actifs.
» Commandant l'escadre dans la Méditerranée en 181 I , puis investi du commandement en chef des forces navales dans l'Adriatique, où il déploie une activité féconde; en 1815, préfet maritime à Toulon , qu'il sait préserver de toute atteinte étrangère; commandant d'escadre aux Antilles; appelé à terminer par un coup d'éclat à Cadix la campagne d'Espagne en 1 823 ; vice-amiral à la suite de ce succès; commandant de nouveau les forces françaises aux Antilles et sur les côtes d'Amérique partout où les intérêts français réclamaient alors l'appui du pavillon ; préfet maritime en 1 827 , il couronne en 1 830 sa carrière d'activité militaire en débarquant sous les murs d'Alger une armée française, en concourant avec la Hotte à réduire ce
dernier refuge de la piraterie barbaresque, à y faire prévaloir, avec le pavillon de la France, un gouvernement chrétien.
» Cette victoire, si digne de celles qui l'avaient précédée, valut à Duperré les plus hautes récompenses que l'État décerne. Le gouvernement du Roi le lit amiral et pair de France. Depuis lors la confiance royale, s'adressant à ce dévouement éprouvé par cinquante années de loyaux services, l'a appelé trois fois à siéger dans les conseils de la couronne. Ministre, l'amiral Duperré a montré, comme il l'avait fait sur nos vaisseaux, de quelle sollicitude il entourait la marine et les hommes de mer.
» Nous qui l'avons vu aux heures de sa jeunesse, qui avons admiré ses actions , nous recueillerons la mémoire illustre qu'il laisse derrière lui. C'est tout le patrimoine dune famille digne d'un tel chef; c'est l'héritage d'un fils qui annonce déjà qu'il mérite de porter le nom de Duperré , c'est aussi l'héritage de la marine, je le revendique pour elle. Nos officiers, nos marins, y trouveront toujours les plus nobles exemples et les plus sublimes leçons. »