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LIVRE TROISIÈME

Discours prononcé par M. le vice -amiral Dupetit- Thouars sur la tombe de l'amiral baron Duperré.

« Après le discours éloquent que vous venez d'entendre, discours si éminemment glorieux par l'exposé seul des importants services que vous avez rendus à notre pays, souffrez que nous ajoutions encore quelques mots qui viennent du cœur.

» Illustre amiral Duperré, au moment de notre solennelle séparation, recevez nos regrets les plus vifs, nos hommages les plus sincères!

» Vos camarades se souviennent toujours du marin célèbre qui a le plus contribué, par ses beaux faits d'armes , à la gloire de notre pavillon pendant la guerre dernière ; du chef habile et sage qui a préparé l'expédition la plus considérable des temps modernes et en a assuré le succès par la bonne direction qu'il lui a donnée!

» Brave amiral Duperré, reposez en paix!

» Votre nom, illustré par tant de brillants combats, restera à jamais dans les fastes de la marine comme une étoile directrice qu'il faudra suivre, parce qu'elle conduit à la victoire!.. Votre carrière pure et sans tache vous a fait jouir pendant votre vie de l'estime la plus haute ; le Roi, les Chambres, la France entière avaient confiance en vous! Quel

éloge pourrions-nous ajouter qui valût une telle vérité !

» Digne amiral Duperré, l'histoire conservera précieusement votre renommée;... vos camarades , votre mémoire!

» Puisse votre famille désolée trouver quelques consolations dans l'expression de notre douleur et dans celle de nos sentiments pour son illustre chef! Puissions-nous, nous-mêmes, mériter un jour des regrets aussi légitimes!

» Adieu, cher amiral Duperré... adieu! »

Duperré (Guy- Victor, baron), amiral, trois fois ministre de la marine et des colonies, grand-croix de l'ordre de la Légion d'honneur et un des marins français les plus distingués de notre siècle, naquit à la Rochelle le 29 février 1775. Sa famille, originaire de la basse Normandie, s'était établie à Rouen vers le commencement du dix-huitième siècle. Son aïeul Duperré du Veneur servit dans l'armée royale pendant les dernières années du règne de Louis XIV.

Il fit ses premières armes sous le contre-amiral Truguet et fut nommé aspirant le 17 juillet 1795. La part de Duperré dans la campagne de 1 796 fut à peu près celle qui semblait alors réservée à toute la marine nationale : des combats glorieux, un glorieux désastre. Il assista à un combat meurtrier sur la Virginie, qui, entourée par cinq frégates,

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