‹ Les InvalidesChapitre 185 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

était étroitement observée par les croisières anglaises. Duperré n'approcha de Grand-Port qu'avec toute la prudence nécessaire. En vue de Grand- Port , il aperçoit un trois-mâts mouillé sur l'île de la Passe. L'île et le bâtiment laissent flotter le pavillon français. La division de Duperré s'avance dans l'ordre de marche sur une ligne, et le Victor, qui le premier double le fort de l'île de la Passe, est accueilli par le feu de ce fort et de la frégate à l'ancre. Les couleurs françaises disparaissent et font place au pavillon anglais. L'île de la Passe était tombée par surprise aux mains de l'ennemi. La Minerve est engagée dans les passes, elle continue sa route sans hésiter, combattant à la fois le fort et la frégate. Sur l'ordre du commandant, les autres bâtiments imitent cette manœuvre', et la Bellcne, balayant d'un feu terrible le pont de la frégate anglaise, force le passage. Le lendemain et le surlendemain, Duperré embossa sa division de manière qu'elle ne pût être tournée : il n'avait plus que quatre bâtiments, le Wwdham n'ayant pas rallié la division au mouillage. Cependant des renforts successifs arrivaient aux Anglais. La Néréide, de trentesix canons, capitaine Willougby, cette frégate dont le stratagème avait attiré la division française sous les canons de l'île, avait été ralliée d'abord par le Syrius, frégate de trente-six, puis par Ylphigénie et la Magicienne, frégates de la même force. Le

23 août, la division anglaise commença l'attaque. Dès les premières bordées, la Minerve et le Ceylan dérivent et s'échouent. Leur feu est complètement masqué. Seule, la Bellone prête le travers à trois frégates et reçoit le feu de chasse de la quatrième qui s'est échouée et lui présente l'avant. Bientôt la Néréide éteint son feu; celui des trois autres frégates se ralentit. La Minerve, qui ne peut faire jouer qu'une Iwiiche à feu, jette ses hommes et ses munitions sur la Bellone. Après cinq heures d'un combat furieux, Duperré est atteint à la tête d'un coup de mitraille. Une demi-heure encore, et l'ennemi cesse son feu. Le combat reprend avec le jour suivant, mais la victoire est décidée dès la veille. L'ennemi abandonne et incendie la Magicienne et le Syrius; la Néréide est prise, et VI phi génie seule parvient à se réfugier sous le canon anglais de l'île de la Passe. Mais, au bruit du combat, le capitaine de vaisseau Hamelin est sorti du port Napoléon avec une division de trois frégates et un brick ; et les deux divisions réunies font amener le pavillon du fort et celui de Ylphigénie. Ces succès, si préjudiciables au pavillon anglais, déterminèrent la perte de l'île de France. Elle fut rendue par suite d'une capitulation honorable signée le 3 décembre 1810. Embarqué sur le Lord Castlereagh , le capitaine de vaisseau Duperré revint en France le 1 9 mars 1 811. Le 1er juin 1810, il avait reçu la croix de la

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