LIVRE TROISIÈME
Légion d'honneur; le 2 décembre de la même année il était nommé commandant de l'ordre; le 20 août, il avait été créé baron de l'Empire avec une dotation de 4,000 francs; enfin, le 15 septembre 1 8 1 1 , il fut élevé au grade de contre-amiral.
Le 5 juillet 1814, il fut nommé chevalier de Saint-Louis.
Pendant les Cent -Jours, Napoléon le nomma préfet maritime de Toulon.
Lorsqu'il eut, en 1 834, le portefeuille de la marine et des colonies, il avait soixante ans, et il contribua beaucoup à la réorganisation générale de la marine.
Ces longs et laborieux services avaient peu à peu ruiné la constitution robuste de l'amiral.
Le 6 février 1843, l'amiral baron Duperré dut prendre enfin ce repos qu'il avait mérité par cinquante ans de dévouement à la France. Le Roi agréa sa démission.
Le 2 novembre 1846, il s'éteignit entouré de sa famille, âgé de soixante et onze ans.
Le Roi décida que ses obsèques auraient lieu aux frais du pays et que sa dépouille mortelle reposerait à côté de celle des héros, dans les caveaux de l'église des Invalides.
Aujourd'hui 24 novembre 1846, S. A. le bey de Tunis, accompagné de ses ministres, de Soliman- Pacha, son major général; du colonel d'artillerie
Thiéry, aide de camp du duc de Montpensier; de M. Alix Desgranges, premier secrétaire interprète du Roi , a été reçu à sa descente de voiture par le maréchal duc de Reggio.
Son Altesse, dans sa visite, a fait connaître, dans les termes les plus honorables, les sentiments dont elle était pénétrée pour les militaires invalides. de tous grades composant cet établissement.
Le bey, accompagné de M. le colonel Thiéry, de ses ministres, de ses officiers et de M. Alix Desgranges, a été reçu par M. le duc de Reggio, appuyé sur le bras de M. le marquis Oudinot.
« Je viens, a-t-il dit, sous les auspices d'un grand Roi, visiter un monument où la gloire habite, et je suis heureux d'y être reçu par celui qui est si digne d'y tenir la première place. »
Sur les instances du bey, le maréchal s'est retiré dans ses appartements , et le général Petit a fait à Son Altesse les honneurs de l'Hôtel. Ahmed-Pacha a passé d'abord tous les Invalides en revue dans la cour Royale, et a voulu, malgré la pluie, parcourir tous les rangs.
« Que ne puis-je , a-t-il dit , interroger tous ces braves! ils seraient pour moi les livres vivants de l'histoire contemporaine et leurs paroles confirmeraient les hauts faits que je lis sur leurs mâles figures et dans leurs nobles cicatrices. Dites-leur cela , général . »