LIVRE QUATRIÈME
jusqu'à Marengo, depuis Austerlitz jusqu'à Wagram (un peu plus tard il eût ajouté à? Alger à Solferino), tour à tour avez combattu pour la liberté , les lois et la grandeur de la nation; vous qui survivez encore, souffrez que ma voix n'attende pas l'instant où vous ne pourriez plus l'entendre pour payer à vos lauriers, à vos cicatrices, à vos cheveux blancs, l'hommage que tous les bons citoyens vous ont voué du fond de leur âme. »
La malheureuse journée du 23 mars, en ce qui concerne la mutinerie de quelques invalides, a eu trop de retentissement en France, surtout depuis l'apparition de l'ouvrage en question, venant de si haut, pour que nous nous dispensions d'en dire quelques mots; non, grand Dieu! pour chercher à amoindrir la très-grande faute des invalides aveugles ou clairvoyants, mais bien pour atténuer autant que possible la fâcheuse et bien triste impression qu'a dû laisser dans l'esprit de ses lecteurs cet ouvrage sur la révolution de 1848.
Pour cela nous nous bornerons à faire connaître (la justice ayant rendu ses arrêts) quel a été le résultat de cette affaire, à laquelle on a voulu absolument donner une importance que bien certainement elle était loin d'avoir méritée.
Aussi ne revenons -nous pas à la lecture de
cette triste page 103, moins injurieuse cependant
que celles qui la précèdent :
(( Laisser un pareil crime impuni, c'était abandonner les rênes de l'armée, sanctionner V indiscipline et la sédition par l 'impuissance d'arrêter les coupables au milieu de trois mille hommes qui avaient du canon x\ c'était tenter l'impossibilité et s'exposer à voir V autorité du gouvernement brisée avec scandale dans sa main. Ce dernier parti, quoique désespéré, était cependant celui de l'honneur et du devoir; le gouvernement le choisit. »
Ordre du jour.
u Les actes inouïs d'insubordination dont l'hôtel des Invalides a été le théâtre dans la journée du 23 mars ont soulevé la juste réprobation de tous les citoyens aussi bien que de r armée, à qui les militaires invalides doivent l'exemple de la discipline et de toutes les vertus militaires. Le ministre de la guerre, après avoir entendu la commission chargée d'informer, vient de prononcer sur les auteurs et instigateurs de ces scènes de désordre que rien ne peut excuser, et qui ont compromis un moment l'avenir de cet établissement sans rival et jusqu'ici l'objet de l'admiration de l'Europe entière.
1 Oui ne sait pas que ces canons, sans projectile aucun, ne sont là que pour annoncer à la capitale des victoires ou autres prands événements, et non pour être tournés contre ses habitants?