LIVRE QUATRIÈME
)> Le maréchal gouverneur, si vivement affecté de ces déplorables et odieux événements, se plaît à reconnaître que la très-grande majorité des invalides a réprouvé avec indignation la conduite des coupables, il a la confiance que désormais l'opinion publique n'aura plus à voir dans les militaires invalides que des hommes pénétrés des sentiments de l'honneur et des devoirs du citoyen.
» Justice a été faite des grands coupables.
» Par décision ministérielle du 7 de ce mois, ont été condamnés comme auteurs et instigateurs des actes d'insubordination qui ont entaché l'hôtel des Invalides dans la journée du 23 mars \ 848 :
» A deux mois de prison et à être ensuite rayés des contrôles de l'Hôtel, les dénommés ci-après, savoir :
» Simon, sergent-major; Gallois et Charbonnier,
sergents ; Juge , caporal ; Proult , soldat ; Rudeau et
Bonnefoy, caporaux- tambours , et Guyard, élève
tambour.
» Le maréchal ,
» Signé : Molitor. »
Le ministre au gouverneur.
«Monsieur le gouverneur,
» La commission d'enquête chargée d'informer sur les plaintes élevées contre le personnel de l'ad-
ministration des Invalides a pris une connaissance approfondie des griefs qui lui étaient déférés, après avoir soumis toutes les parties du service de l'Hôtel à de scrupuleuses investigations dont elle a consigné le résultat dans un rapport détaillé que j'ai moi-même examiné avec la plus sérieuse attention.
» Ces conclusions sont de nature à donner satisfaction à l'opinion publique, un moment émue par de prétendues malversations. »
Par tout ce que nous venons de rapporter, il devient évident que l'échauffourée du 23 mars fut un fait purement accidentel et complètement isolé, auquel la presque totalité des invalides ne prit aucune part.
La réclamation des aveugles, au fond, était juste. Le legs qui leur avait été fait aurait dû, selon la volonté du testateur, leur être distribué immédiatement et intégralement par portions égales, et non en une haute paye d'un franc par mois jusqu'à épuisement de la somme, comme il a été fait; d'où il s'en est suivi que, par suite de décès, beaucoup de ces malheureux et même leurs familles n'ont pas joui du legs qui leur était légalement acquis.
Ils auraient dû renouveler leur plainte à l'administration et ne pas céder aux instigations de quelques meneurs qui leur firent commettre la faute impardonnable d'invoquer l'assistance de ces doux