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LIVRE QUATRIÈME

juges de paix du Champ de Mars qui, trois mois plus tard, érigeaient les barricades de juin.

Les quelques coupables d'actes d'insubordination et de désordre ont été punis, comme nous l'avons dit, et rien dans toute cette affaire ne devait autoriser qui que ce soit au monde à infliger un blâme général aux pensionnaires de l'Hôtel.

Par arrêté du président du conseil, chargé du pouvoir exécutif, à l'avenir deux représentants du peuple feront partie du conseil d'administration; ils seront élus par l'Assemblée nationale et pour trois ans.

L'Assemblée nationale ayant décidé que le cœur du général Négrier, tué le 25 juin en combattant pour la patrie , serait déposé aux Invalides , le cortège, parti de l'hôtel de ville à dix heures du matin, est arrivé vers midi à la grille de l'Hôtel, où M. le maréchal Molitor l'attendait à la tête de son étatmajor.

L'aide de camp du ministre de la guerre, en remettant au maréchal le précieux dépôt dont il était porteur, lui a adressé ces paroles :

«Monsieur le maréchal,

» Au nom de M. le ministre de la guerre , et en exécution du décret de l'Assemblée nationale, en date du 29 juin 1848, j'ai l'honneur de remettre respectueusement entre vos mains, pour être déposé

à l'hôtel des Invalides, le cœur de François-Marie- Casimir Négrier, mort général de division, commandant la deuxième division militaire , grand officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint- Louis , commandeur de l'ordre de Léopold , représentant du peuple, questeur de l'Assemblée nationale, tué le 25 juin 1848, en combattant pour la patrie.

» L'armée et la famille du général Négrier, à laquelle je demande la permission de m'unir en ce moment, sont reconnaissantes envers le peuple qui, par la voix unanime de ses représentants, a admis ce noble cœur à l'insigne honneur d'être placé à coté des restes glorieux de nos plus grandes illustrations militaires, tout près du cœur de l'empereur Napoléon. »

Le maréchal a répondu à toute l'assistance :

« Citoyens !

» La cérémonie funèbre qui nous rassemble ici ne sera pas la moins mémorable de celles qui l'ont devancée.

» Un grand et juste prestige est attaché, sans doute, à l'éclat des victoires du champ de bataille, car ce sont elles qui ont porté si haut l'honneur et la gloire du nom et du drapeau français ; mais les palmes civiques, le généreux sang versé avec tant

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