LIVRE QUATRIÈME
cier de l'affection dont vous m'avez entouré pendant tout le temps que j'ai été chargé de votre bien-être. Si quelque chose peu me consoler de n'avoir plus à remplir cette affectueuse et honorable tâche, c'est de la voir confiée désormais au frère de notre immortel Empereur, à qui vous avez conservé un si fidèle et touchant souvenir. En vous quittant, militaires invalides, je n'ai pas besoin de vous rappeler de conserver toujours intacts et sacrés les sentiments d'amour de la patrie, ceux de la discipline et de l'honneur militaire dont vous devez l'exemple à l'armée. »
Le général de division commandant de l'Hôtel, en recevant des mains de M. le maréchal Molitor l'ordre ci-dessus, s'empressa de lui exprimer les sentiments d'une vive reconnaissance de tous les militaires invalides pour les soins qu'il leur avait prodigués, en veillant constamment à leurs intérêts et à leur bien-être, dignement appréciés par eux, et dont ils garderont le souvenir gravé à jamais dans leurs cœurs.
Le 3 janvier 1849, M. le général Petit, commandant de l'Hôtel, fit reconnaître dans ses nouvelles fonctions le frère de l'Empereur, qui, après avoir visité l'infirmerie et l'église, se rendit au tombeau de Napoléon, cher et précieux dépôt dont il devenait le gardien.
La revue du prince Jérôme passée, il prononça l'allocution suivante :
« Militaires invalides,
» Le gouvernement de la République m'appelle à l'honneur de vous commander.
» C'est le cœur plein d'émotion que je viens parmi vous. J'y retrouve les cendres de l'Empereur mon frère, dépôt sacré confié par la patrie aux glorieux vétérans qu'il a tant aimés.
» J'y retrouve mes vieux compagnons d'armes d'Iéna, de Silésie et de Waterloo, j'y retrouve le brave général qui reçut à Fontainebleau les derniers embrassements de mon frère.
)> C'est d'aujourd'hui seulement que je sens finir pour moi le long exil qui m'a séparé tant d'années de la France.
» Placé à la tète des fidèles de toutes les traditions de discipline, de bravoure, d'amour pour la patrie, je me consacrerai tout entier au devoir que m'imposent vos services, mon nom et l'exemple de mes prédécesseurs, de tous ces illustres guerriers au nombre desquels brille le maréchal Molitor, le vainqueur de Kloënthal, de Fildkintz, de Stralsund, qui vient d'être élevé à la haute dignité de chef de la Légion d'honneur.
» Officiers et soldats de l'hôtel national des Invalides,