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LIVRE DEUXIEME

Ainsi se trouvèrent mêlés aux orages politiques les militaires invalides.

Mais en même temps qu'on les entourait d'honneurs et de respect, et qu'on faisait entrevoir l'augmentation de la pension des officiers et qu'enfin on subviendrait à leurs besoins, l'Assemblée nationale chargea son comité militaire, auquel elle adjoignit des commissaires civils, d'examiner la situation de la maison contre laquelle de fâcheuses dispositions semblaient devoir se manifester.

Les réformes du comte de Saint-Germain avaient, à la vérité, rendu pénible le régime de l'Hôtel, quand éclata la révolution.

Alors les invalides étaient partagés en deux camps et marchaient sous deux bannières; sur l'une étaient inscrits ces mots : Pension et liberté absolue; sur l'autre : Conservation de l'asile du vieux soldat.

Le comité militaire chargé de préparer un rapport élut, comme fondé de pouvoir, Dubois-Crancé ; séance tenante ce rapporteur réduisit la question de l'hôtel des Invalides à celle-ci :

Supprimer l'Hôtel, qui serait vendu à la municipalité de Paris pour faire de cet établissement une grande prison.

Quant aux invalides, ils seraient dispersés dans les quatre-vingt-trois hospices de la patrie , qu'on établirait dans les départements.

Après la lecture de ce rapport, M. l'abbé Maury monte à la tribune et propose :

« 1° La discussion doit s'établir sur des calculs arithmétiques, dont je démontrerai l'inexactitude, et qui sont fort longs.

» 2° Elle aura pour objet des considérations politiques que je suis loin d'adopter.

» 3° Je prouverai que les moyens de remplacement que le comité vous propose sont inadmissibles.

» 4° Il faudra examiner les combinaisons selon lesquelles on propose, pour la plus grande économie, d'établir quatre-vingt-trois hospices au lieu d'un; et je doute que votre sagesse adopte ce projet et cette manière de se dédommager de la suppression de l'hôtel général des Invalides. J'ai surtout remarqué, dans le rapport qui vous a été fait, une invitation très-adroite, que le rapporteur fait à la municipalité, d'acquérir l'hôtel des Invalides pour en faire un hôpital. Mais savez-vous comment la ville de Paris fait des acquisitions, comment elle les paye, quel est l'état florissant de ses finances depuis deux ans? J'en mettrai l'état sous vos yeux. Du reste, je rends moi-môme hommage à la sage prévoyance de la ville de Paris, qui veut désormais avoir des hôpitaux très-grands, car cette ville en aura besoin. Je demande non pas un ajournement indéfini, mais un délai de huit jours, afin que votre

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