LIVRE QUATRIÈME
avait été préparée sa dernière demeure et où il n'a été déposé qu'après de nouvelles prières et bénédictions de la part du clergé et des nombreuses personnes qui s'étaient jointes à la famille du maréchal pour rendre ce dernier hommage à sa mémoire.
Grâce aux dispositions ordonnées à l'avance par M. le gouverneur et dont l'exécution a été suivie avec beaucoup de soin par M. le général Petit, commandant de l'Hôtel, tout s'est passé avec le plus grand ordre. Rien n'est venu troubler cette imposante cérémonie, pendant laquelle un recueillement général et la douleur empreinte sur tous les visages ont dignement exprimé les profonds regrets que laisse à toute la France honnête la perte du grand capitaine qui l'a si bien servie et qui lui a été enlevé à un âge où son courage, son dévouement à la patrie, son habileté et son expérience militaire pouvaient encore si bien la défendre soit à l'extérieur contre l'étranger, soit à l'intérieur contre les ennemis de l'ordre.
La mort de M. le maréchal Molitor, nommé depuis peu grand chancelier de la Légion d'honneur, suivit de près celle du vainqueur d'Isly. Il expira le 28 juillet. Le président de la République, considérant la longue et brillante carrière de ce maréchal, ancien gouverneur des Invalides , ordonna que ses restes seraient inhumés dans les caveaux de
l'hôtel des Invalides. M. le général Petit, suivi de M. l'intendant Lajard ; du colonel Gérard, secrétaire général archiviste; de l'adjoint à l'intendance M. Lagé; de M. Rougevin, architecte de l'Hôtel, et de son état-major, s'est rendu à la grande grille, où sont arrivés, le 3 août à neuf heures du soir, MM. Gabriel, Auguste et Olivier Molitor, Edouard Monnier, fils et petit-fils de M. le maréchal; le général Saint-Marc, secrétaire général de la grande chancellerie de la Légion d'honneur; le colonel Baligan; le commandant Clément, ancien ami du maréchal; son aide de camp le lieutenant-colonel Dupons; Frédéric Maitrejean; Casimir et Henri de l'Espée; Trépagne, notaire, et enfin M. le curé de Saint-Thomas d'Aquin, qui tous précédaient ou accompagnaient le corps du défunt. Le cercueil est arrivé à la porte de l'église des Invalides, où M. le curé, assisté de son clergé, s'était rendu pour le recevoir. M. le curé de Saint-Thomas d'Aquin, en lui remettant le précieux dépôt confié à sa garde, a prononcé le discours suivant :
« Vénérable et vénéré pasteur,
» Je viens confier à votre religieux intérêt la dépouille mortelle de M. le maréchal Molitor, qui fut pendant sa vie l'objet de notre admiration et l'est aujourd'hui de nos regrets. C'est cette enceinte, justement appelée le temple de l'héroïsme, qui de-