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LIVRE QUATRIÈME

maréchal Molitor; n'ayant jamais connu un revers, n'ayant jamais manqué à un devoir, obtenant du soldat la discipline la plus exacte sans employer la rigueur, faisant honorer la France par l'étranger; vous l'avez vu dans les loisirs de la paix, toujours soumis, jamais courtisan, donnant de sages conseils, n'en offrant jamais.

» S'il accordait quelques heures à l'amitié et aux arts, il étudiait surtout la grande science de la guerre et se plaisait à l'enseigner à ceux qu'il aimait. Mais ses derniers jours ont été amers ; sa chère armée frappée des plus rudes coups, les cris de la discorde, sa patrie abaissée, c'était trop pour son cœur, après tant de travaux !

» Messieurs, je vous ai entretenus longtemps, il

suffisait de dire il y a quelques jours il était

encore l'expression vivante de notre immortelle devise : Honneur et Pairie.

» Allez, Molitor, montez dans la région des récompenses; à votre aspect, la foule des héros, vos compagnons d'armes, se lèvera pour vous recevoir. Adieu ! ! »

Après ce discours, qui a été écouté par tous les assistants avec un silence religieux et les marques de la douleur générale et des profonds regrets causés par la perte de l'illustre maréchal, le cercueil a été descendu dans le caveau préparé pour

le recevoir, en présence des membres de la famille et de toute l'assemblée. Les prières et les bénédictions de la part du clergé et des assistants ont terminé cette imposante cérémonie.

Molitor ( Gabriel -Jean- Joseph ) , maréchal de France , est un des officiers généraux les plus brillants du premier Empire. Son nom ne rappelle que des souvenirs glorieux; c'est un des beaux caractères dont l'ancienne armée peut et doit à juste titre être fière. Valeur, talent, vertus militaires, vertus privées, rien ne manque à sa réputation sans tâche. .Molitor naquit au petit bourg de Hayange, près d'Huningue, dans la fertile et riante vallée de la Moselle, le 7 mars 1770. Son père, ancien et brave militaire , était devenu un bon et honnête fermier. Sans être riche , il avait une certaine aisance ; sans avoir une instruction étendue, il comprenait l'importance de l'instruction : aussi fit-il donner dans les écoles une éducation solide à son fils. Le jeune .Molitor suivit les leçons de ses maîtres avec une assiduité si exemplaire et montra un caractère si doux qu'on le crut appelé par vocation dans les ordres. On lui fit faire rapidement quelques études de théologie; il fut même tonsuré, et on allait le vouer au sacerdoce. Lorsque la France menacée fit un appel à tous ses enfants , le futur ecclésiastique se jeta tout à coup, le 1 3 août 1701, dans les rangs des volontaires, au 4e bataillon de la Moselle.

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