‹ Les InvalidesChapitre 227 sur 322 · LIVRE Q LATRIE ME · texte numérisé non relu

LIVRE Q LATRIE ME

Grande fut la stupéfaction de sa famille ; mais comme il était assez vigoureux pour porter le sac et le fusil, assez âgé pour comprendre ce qu'il faisait, on le laissa agir à sa guise. Le 25 août, dix jours après son enrôlement, il quitta le toit paternel pour se rendre à Metz. Sa figure, sa taille, son instruction bien supérieure à celle de ses compagnons ayant attiré les regards, il fut choisi par les jeunes volontaires pour être un de leurs capitaines. A cette époque de révolutions pour les uns, d'émigration pour les autres, de danger pour tous, la fortune était pour beaucoup dans les premiers grades militaires. Le 4e bataillon de la Moselle, dont le futur maréchal faisait partie, fut appelé à l'armée du Nord. Il fit à cette armée la rude campagne de 1792 dans les Ardennes. Le I 0 septembre 1793, ayant été promu chef de bataillon adjudant général à la suite d'un concours , au camp de Forbach , on l'envoya à l'armée de la Moselle sous Custine. Il prit part aux affaires de Worms, de Spire, de Mayence. Ces brillants succès sont bientôt suivis de revers : les troupes se replient ; dans un engagement , Molitor reçoit sa première blessure. A peine rétabli, il est désigné pour l'armée de Jourdan, sur le Rhin. Le général en chef ne tarde pas à connaître, à apprécier et à prendre en véritable affection le jeune officier supérieur; il lui confie des missions assez importantes et n'a pas à s'en repentir, car Molitor

est aussi intelligent que brave et dévoué à son pays. Les batailles de Wattignies, de Fleurus, le beau succès d'Aldenhoven permirent aux troupes françaises de passer le Rhin. Molitor fut mis sous les ordres du brillant général en chef Hoche, qui devint son guide et son modèle. Avec cette brigade il enlève, à la bataille de Kaiserslautern, la position d'Erleberg, à la droite des Prussiens; il combat à la bataille de Werd le 22 janvier 4794; il force le lendemain la position de Lampersloch , tue six cents hommes à l'ennemi et contribue au succès de la bataille de Weissembourg , à la suite de laquelle Landau est débloquée. L'année suivante, en 1793, il est grièvement blessé dans une attaque sur Mayence. Nommé chef de brigade le 13 juin 1795 il fut employé aux armées d'Allemagne sous les généraux Pichegru, Kléber, Moreau et Jour dan. Au siège de Kehl il obtint le grade de général de brigade le 30 juillet 1799. Il se rendit en Suisse, près de Masséna, où, avec sa brigade de quinze cents hommes, il attaque deux régiments autrichiens, les déloge , les culbute et se trouve tout à coup en face de cinq bataillons autrichiens et de douze cents Suisses; il ne se décourage pas cependant. Profitant d'un moment favorable , il fait battre la charge et culbute ses adversaires. Il les repousse encore à Kerensen. Le vieux Souvarov paraît avec vingt mille hommes ; le 20 septembre Molitor repousse

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