LIVRE QUATRIÈME
F avant-garde jusqu'à l'Oberland. Il refuse de se rendre, et avec ses trois bataillons il tient tête à des forces imposantes et chasse enfin les Russes de la vallée après leur avoir fait subir une perte de quatre mille combattants. C'est de cette époque que date l'amitié de Masséna et de Molitor. Le 3 mai il culbute les Autrichiens à Stokach , le 5 à Maëstricht, le 1 4 juillet à la bataille de Feldkirch. Cette dernière, avec celles de Marengo et de Hohenlinden, assure la paix de Lunéville. Le 6 octobre il reçut le grade de général de division et le commandement de la septième division militaire. En 1805 il fut envoyé à l'armée d'Italie sous Masséna. Il se montra très-brillant aux combats de Véronette et Vago , le 29 octobre , et enleva deux bouches à feu aux Autrichiens. Il combattit le 30 du même mois à Caldiero et parvint à repousser les Autrichiens. Le 3 novembre il fait huit cents prisonniers; le 4 il enlève la position de San-Pietro, culbutant ses adversaires et leur prenant neuf cents hommes. Napoléon l'envoya en \ 80G comme gouverneur en Dalmatie, où il rendit les pkis éminents services , en récompense desquels Napoléon le créa grand officier de la Légion d'honneur et bientôt après chevalier de la Couronne de fer. Il fut envoyé ensuite, jusqu'à la fin de 1808, dans la Baltique, où sa belle «conduite lui valut le titre de comte avec un majorât de trente mille francs. En 1809, à
Wagram, il contint pendant une partie de l'action les tentatives désespérées de l'archiduc Charles. Après les Cent -Jours il resta dans l'inaction jusqu'en 1818. En 1823 il prit part aux campagnes d'Espagne, et il contribua beaucoup à la conclusion de la convention qui fit cesser les hostilités; le 5 août 1 823 il fut fait commandeur de l'ordre de Saint-Louis, et le 9 octobre 1823 il fut élevé à la dignité de maréchal de France. En 1 847 le roi Louis- Philippe lui donna le commandement de l'hôtel des Invalides. Il céda volontairement les Invalides au dernier des frères de l'Empereur comme gardien naturel des cendres de Napoléon. Il accepta en compensation la grande chancellerie de la Légion d'honneur, poste dans lequel il mourut tout à coup le 28 juillet 1849, à l'âge de soixante-dix-neuf ans.
Le président de la République, voulant récompenser les services rendus à la France par le prince Jérôme, gouverneur des Invalides, et notamment pendant les mémorables campagnes de 1807, 1809 et 1812, l'éleva, par décret du 1er janvier 1850, à la dignité de maréchal de France.
Le nombre des vieux soldats admis aux Invalides diminuant chaque jour, et l'hôtel de Paris étant devenu suffisant pour donner asile à la totalité des pensionnaires, la succursale de l'établissement fut supprimée par décret du 27 février I8&0.
Les invalides d'Avimion vinrent donc retrouver
leurs camarades, dont ils étaient séparés depuis le désastre de Waterloo.
Le 3 mars 1850, la grande-duchesse de Bade est venue visiter de nouveau l'Hôtel. Le prince gouverneur lui en fit les honneurs. Arrivée dans la chapelle du dôme , la princesse parut éprouver une profonde émotion à l'aspect du monument qui renfermait les cendres de son père adoptif.
Aujourd'hui 5 mai , à midi, a eu lieu à l'Hôtel la célébration de la messe anniversaire fondée à perpétuité par les anciens militaires de l'Empire en commémoration de la mort de l'empereur Napoléon.
A cette pieuse cérémonie assistaient :
Le président de la République ;
M. Boulay (de la Meurthe), vice-président;
Tous les ministres;
Tout l'état-major de l'Hôtel, en tête duquel se trouvait le maréchal gouverneur, frère de Napoléon Ier;
Un grand nombre de membres de l'Assemblée nationale ;
Le préfet de la Seine;
Le grand chancelier de la Légion d'honneur;
Plusieurs officiers généraux parmi lesquels on remarquait les généraux Changarnier, Pelet, Gourgaud, Magnan, Lawœstine , Piat , de Résigny, Barrois, et le général commandant la garde nationale de Paris;
Madame la grande-duchesse douairière de Baden ;
La princesse Bacciochi;
Enfin une grande quantité d'anciens militaires de l'Empire.
L'arrivée et le départ de M. le président de la République ont été salués des plus vives acclamations par les personnes de toutes les classes de la société qui encombraient la cour d'honneur.
Hier, 5 mars \ 851 , conformément aux ordres du ministre de la guerre, la première partie de la cérémonie des funérailles du maréchal Dode de la Brunerie, décédé le 1er mars 1851 , a eu lieu à l'Hôtel. Les restes mortels de l'illustre défunt sont arrivés à sept heures du soir à la grande grille, où les attendait le général Petit, accompagné de son état-major, auquel se sont joints : MM. Dode-Denant, frère du maréchal; Dode-Guman et Pérignon, Eugène, ses neveux ; Ardant, colonel du génie, allié du défunt; des Essarts, général en retraite; Moreau, général, membre du comité des fortifications; Devoize, ancien capitaine du génie; de Saint-Laurent, capitaine du génie, tous anciens aides de camp du maréchal, et enfin M. de Chamberet, capitaine d'état-major, son dernier aide de camp, qui a fait la remise du corps au général commandant l'Hôtel. Ce général, sensible à la perte que venait de faire la France dans la personne de l'une des premières illustrations du corps