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LIVRE QUATRIÈME

ce poste si périlleux, non-seulement on avait à lutter, comme dans le reste de l'armée, contre l'épouvante, la faim et un climat dévorant, mais encore il fallait sans cesse être engagé avec de formidables phalanges que nos malheurs rendaient plus ardentes à nous accablejr. Cette arrière-garde n'était composée que de douze mille Napolitains et de trois bataillons de jeunes troupes récemment arrivées. Ce fut avec ces faibles moyens que le comte Gérard eut à surmonter tant et de si grands obstacles-, mais aussi jamais général ne déploya, de l'aveu mêmexles ennemis, autant de ressources, d'activité, de fermeté et de caractère. Il parvint sans de trop grandes pertes jusqu'à Francfort-surl'Oder. Il avait opéré avec tant de succès et si bien contenu l'ennemi que déjà l'armée française touchait à Berlin; mais alors le sort de l'arrière-garde, trop isolée, parut désespéré. Les environs de Francfort étaient inondés par les troupes du général Beckendorff; la population du pays, furieuse contre les Français, était en pleine insurrection, lorsque pour comble de malheur l'empereur Alexandre survint en personne avec des forces considérables et fit sommer par un de ses aides de camp d'évacuer la ville. Le général Gérard répond fièrement qu'il n'évacuera point, et il manœuvre avec tant d'habileté que trois jours après il était, on pourrait dire, en paisible retraite sur l'Elbe. Il prit ensuite le

commandement des avant-postes. Dans la campagne de Saxe, en 1813, il commanda d'abord une division du 1 Ie corps, et ensuite ce corps entier. A la journée de Bautzen, il fut placé en avant de la Sprée, de manière à se lier avec le corps qui tenait l'extrême droite. Après le combat le plus meurtrier, ce corps fut forcé de se replier. Le maréchal duc de Tarente (Macdonald), qui commandait le \ Ie corps, jugeant que ce mouvement rétrograde compromettait son avant-garde, commandée par le général Gérard, lui envoya l'ordre de se retirer. Au contraire, répondit celui-ci à l'adjudant-commandant Bourmont , porteur de l'ordre , au lieu de se retirer il faut avancer; qu'on me donne seulement une brigade de renfort, et je réponds du succès de la journée. A l'instant, il donna l'ordre d'attaquer : en deux heures de temps les positions abandonnées furent, reprises, et le général Gérard arracha la victoire de Bautzen des mains de l'ennemi, qui déjà triomphait. Quelques jours après il fut grièvement blessé dans une affaire d'avant-garde et se vit forcé de quitter l'armée. Guéri de sa blessure, il reprit le commandement de sa division lorsque l'armistice de Plezovitz fut rompu. Au combat de Goldberg, il renouvela, sous les ordres du général Lauriston, qui commandait en l'absence du duc de Tarente, ce qu'il avait fait aux bords de la Sprée sous les yeux de ce maréchal. La division Gérard

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