‹ Les InvalidesChapitre 238 sur 322 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

plissait les fonctions d'inspecteur général d'infanterie. Peu de temps après, Napoléon le nomma pair de France et lui confia le commandement de l'armée de la Moselle. Il reçut au commencement de juin l'ordre de se rendre à marche forcée sur la frontière du nord; il partit de Metz le 10 juin, le 15 il avait passé la Sambre, et le 16 il s'immortalisait à la bataille de Ligny, village qui fut défendu par les Prussiens avec une opiniâtreté extraordinaire. Le succès de ce combat si important, parce qu'il assurait celui de l'ouverture de la campagne, fut le résultat des habiles dispositions du général, autant que de son intrépidité personnelle et de celle de ses troupes. Le i 8 le général Gérard était dans la direction de Wavre , lorsqu'on entendit le canon du côté de la forêt de Soignes; cette circonstance donna lieu à une réunion en conseil des commandants des divers corps. Le général Gérard voulait que, suivant les principes généraux de la guerre, on fût droit au canon en passant la Dyle sur le pont de Munster. Le général Grouchy ne se défendit de cette opinion que par des ordres contraires et positifs de l'Empereur. Les militaires estiment généralement que ce mouvement aurait changé le résultat de la bataille de Waterloo. Avant la fin de la journée le général Gérard reçut sa cinquième blessure ; une balle lui traversa la poitrine au moment où, à la tête de l'infanterie, il allait attaquer

le- village de Bielye. Quoiqu'il fut grièvement blessé, il voulut partager le sort du reste de l'armée et se fit transporter au delà de la Loire. L'Empereur, satisfait du comte Gérard et le considérant comme une des espérances de la France, lui avait destiné le bâton de maréchal de l'Empire. Dès que le maréchal Macdonald fut venu prendre le commandement de cette armée pour la dissoudre, le général Gérard obtint d'aller se faire soigner à Tours, et, dès qu'il fut rétabli, il rentra à Paris. Les ministres de la guerre et de la police le prièrent de voyager quelque temps hors du royaume, non qu'on eût le moindre doute sur la loyauté de son caractère, mais pour détruire par une absence momentanée de téméraires espérances que sa présence aurait pu faire naître à son insu. Le général se montra dans la paix ce qu'il avait été dans la guerre. Prêt à tout sacrifier pour le repos de son pays, il se soumit avec résignation et grandeur d'âme a cet ostracisme temporaire. Pendant son séjour à Bruxelles, il épousa mademoiselle Rosamonde de Timbrune- Timbroune de Valence, fille cadette du lieutenant général comte de Valence, qui commandait un corps d'armée dans la première campagne de la Révolution. Il rentra en France en 1817 et se retira dans sa terre de Villers-Creil , département de l'Oise. Il fut nommé membre de la chambre des députés en 1822, réélu en 1823 et honoré de nou-

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