LIVRE QUATRIÈME
Après les prières dites par le clergé, les assistants ont répandu de l'eau bénite sur le cercueil et se sont retirés. Le corps a été confié à la garde de quatre militaires invalides se relevant tour à tour.
Le lendemain 26, à onze heures et demie, le prince Jérôme Napoléon , gouverneur honoraire des Invalides, et le prince Napoléon, son fils, ayant voulu par leur auguste présence rendre un hommage éclatant à l'illustration du défunt, se sont rendus dans le chœur où des places leur avaient été réservées. Derrière eux se sont placés MM. de Goyon, de Montebello, de Lourmel, aides de camp de S. M. l'Empereur, délégués par lui pour assister à cette cérémonie.
Dès onze heures du matin une double haie de militaires invalides avait été formée depuis la porte de l'église jusqu'à la grande grille.
Des invalides armés de lances ornées de flammes tricolores formaient une autre haie des deux côtés de la nef ; ils étaient commandés par un adjudant major. Autour du catafalque se tenaient des sousofticiers de l'armée, décorés de la Légion d'honneur.
La porte principale de la cour d'honneur, le portail de l'église et la nef principale étaient recouverts de magnifiques tentures noires ; à celles de la nef étaient appendus des écussons sur lesquels on lisait les noms des principales batailles dans lesquelles s'est distingué le duc de Padoue.
Salahié, Saint-Jean d'Acre, Marengo, Wertingen, Ulm , Austerlitz, Friedland , Essling , Wagram , Dennewitz, Leipzig, la Fère- Champenoise, Paris. Ces inscriptions rappelaient, avec la gloire de l'Empereur, celle du général qui l'avait accompagné partout et pris part à tous ses triomphes.
Le deuil était conduit par le marquis de Padoue, conseiller d'État ; Edouard Thayer, directeur général des postes, et Mariani, chef d'escadron d'état-major.
Les coins du poêle étaient tenus par le maréchal Magnan, commandant en chef l'armée de Paris; d'Ornano, général de division, grand chancelier de la Légion d'honneur; d'Hautpoul, général de division, grand référendaire du Sénat; le marquis de Lawœstine , commandant en chef les gardes nationales de la Seine.
A des places réservées étaient MM. Abbatucci, ministre de la justice; Th. Ducos, ministre de la marine; Fortoul, ministre de l'instruction publique.
Une foule de généraux, de sénateurs, d'olïiciers et de fonctionnaires de tous rangs et de tous grades se pressaient autour du catafalque et témoignaient par leur empressement de l'estime et de l'admiration qu'ils avaient pour l'illustre mort.
Aussitôt après l'arrivée de LL. AA. II. le prince gouverneur honoraire et le prince son fils, le clergé de l'Hôtel a commencé une messe basse pendant laquelle des chants et des symphonies funèbres