‹ Les InvalidesChapitre 250 sur 322 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

n'ont cessé de se faire entendre. Après l'absoute, Leurs Altesses Impériales ont donné l'eau bénite et se sont retirées suivies des officiers de leur maison et de leurs aides de camp.

Les divers personnages qui remplissaient l'église ont ensuite à leur tour donné l'eau bénite, après quoi le cercueil a été mis sur un magnifique char funèbre attelé de six chevaux caparaçonnés de noir et dirigé vers la grille pour le défilé des troupes, étant escorté par un détachement de cent invalides décorés, et accompagné des personnes ci-dessus dénommées et du clergé de l'Hôtel.

Après le défilé des troupes, le char funèbre a été ramené dans la cour d'honneur et le cercueil transporté et scellé dans le caveau préparé pour le recevoir, et ce , en présence du maréchal Magnan , des généraux d'Ornano, d'Hautpoul, de Lawœstine, du général commandant l'Hôtel et des membres de la famille désignés ci-dessus.

Arrighi , duc de Padoue , est né à Corte (Corse) , en 1770. Sa famille, alliée à celle des Bonaparte, était une des plus anciennes de Corte. Lors de l'expédition d'Egypte, le jeune Arrighi suivit la destinée de son parent le général en chef. La valeur qu'il déploya au combat de Salahié, à l'assaut de Jaffa, où il fut laissé pour mort, et à Saint-Jean d'Acre, le plaça bientôt au rang des officiers les plus intrépides de l'armée. De retour en Europe, il fut fait

chef d'escadron à Marengo, et quelque temps après colonel de dragons. Après la bataille de Friedland l'Empereur le nomma général, puis duc de Padoue. A Wagram il se distingua à la tête des cuirassiers qu'il commandait. Lors de l'expédition de Russie, l'Empereur le chargea du commandement en chef de toutes les cohortes qu'on avait organisées; ce fut en cette qualité qu'il repoussa les attaques des Anglais contre la Hollande et l'île de Walcheren. Après les batailles de Lutzen et de Bautzen, il se trouvait à Leipzig lorsque les généraux Yoronzov et Czernichef, malgré la suspension d'armes, vinrent l'y attaquer à la tète d'un corps d'élite. En cette circonstance, le duc de Padoue fit une si belle contenance avec le peu de monde qu'il avait que les ennemis crurent à propos de se retirer. A la bataille de Leipzig, il commandait le troisième corps de cavalerie et défendit avec beaucoup de valeur le faubourg de cette ville. Lorsque les ennemis eurent envahi la France, il sauva en Champagne les corps d'armées des maréchaux Mortier et Marmont, et soutint avec succès les attaques du grandduc Constantin, qui commandait en personne la cavalerie. 11 fit partie de la Chambre des pairs pendant les Cent -Jours et alla au commencement de mai 1815 en Corse, pour mettre cette île à l'abri d'une invasion ; la bataille de Waterloo l'obligea à se retirer. Frappe par l'ordonnance royale du

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