LIVRE QUATRIÈME
Jérôme Napoléon et madame la princesse Clotilde , sa belle-fille, sont venus visiter l'hôtel impérial des Invalides.
A leur arrivée, Leurs Altesses Impériales ont été reçues par le général comte d'Ornano, gouverneur de l'Hôtel, entouré de son état-major.
Aussitôt après l'entrée de Leurs Altesses Impériales dans l'église, M. le curé des Invalides, suivi de son clergé, est venu féliciter S. A. I. la princesse Clotilde.
En sortant de l'église, Leurs AKesses Impériales sont allées prier sur le tombeau de Napoléon Ier, puis elles ont parcouru les parties principales de l'hôtel des Invalides.
Le prince Jérôme Napoléon, en souvenir de cette visite, a fait don à la communauté des sœurs qui soignent les malades d'un maître-autel de marbre blanc pour remplacer celui de bois de leur chapelle.
Hier, 5 juin, à huit heures, des salves d'artillerie ont salué la victoire de Magenta.
Entre neuf et dix heures, S. M. l'Impératrice et S. A. I. la princesse Clotilde ont parcouru en calèche découverte les boulevards et la rue de Rivoli et ont été accueillies sur tout leur passage par les cris les plus chaleureux de Vive l'Empereur ! Vive l'Impératrice! Vive la princesse Clotilde!
Les édifices publics, ainsi que beaucoup de maisons particulières , étaient illuminés.
Aujourd'hui, 3 juillet 1839, cinq salves d'artillerie de cent un coup chacune ont été tirées de la batterie triomphale de l'Hôtel pour annoncer à la capitale la victoire de Solferino.
A l'issue de la messe militaire, un Te Deum a été chanté à l'église de l'Hôtel. Ce soir illumination générale.
Une cérémonie funèbre du caractère le plus imposant, les obsèques du maréchal comte Reille, a réuni hier, 9 mars \ 860, à l'hôtel impérial des Invalides, les ministres, tous les corps de l'État, les cours de justice, les administrations publiques et un grand nombre d'officiers généraux et d'officiers de tous grades de la garde nationale et de l'armée. Des détachements de la garde impériale , de la garde de Paris, des régiments d'infanterie et de cavalerie de la garnison, avec leurs aigles voilées de crêpe, musique en tète et commandés par leurs colonels, étaient massés dès le matin dans les avenues et sur l'esplanade des Invalides. Deux batteries d'artillerie commandées par un officier supérieur occupaient les deux grands carrés en avant des batteries de l'Hôtel.
A onze heures et demie le cortège s'est mis en marche pour se rendre à l'église1 des Invalides. Le corps a été placé sur un magnifique char funèbre orné de drapeaux et attelé de six chevaux richement caparaçonnés.