LITRE DEUXIÈME
vice, qui ne leur donnerait pas une grande fatigue. La plupart n'ont plus de famille*, il ne leur reste que des compagnons de travaux, leur corps et leur patrie; ils doivent donc incontestablement préférer la vie commune, qui non-seulement leur offre une existence plus avantageuse sous le rapport de l'économie, mais leur conserve leurs anciennes habitudes et leur retrace sans cesse d'honorables souvenirs. Leur paye croîtrait en proportion de leurs années de service, et lorsqu'ils seraient parvenus
à la caducité, ils se retireraient à l'Hôtel Quant
aux infirmes qui sont actuellement à l'Hôtel, trois mesures se présentent : les renvoyer dans leur famille , les disperser clans des hôpitaux , les laisser clans l'Hôtel. Mais la première de ces mesures ne vous paraît-elle pas une barbarie? Imaginez-vous faire sortir ces 250 estropiés, qui ne présentent, pour ainsi dire, que l'image de bustes ou de lambeaux d'hommes, qui peuvent à peine broyer leurs aliments, dont on vous a dit que la vie est un miracle, et qui périraient incontestablement s'ils étaient privés et des secours de l'art et des soins que leur prodiguent les hospitaliers de l'Hôtel ?
» Les disperser dans des hôpitaux, comme l'a proposé le comité militaire ? Fort bien !
» L'hôpital! voilà la "récompense que vous destinez à vos guerriers; et vous croyez que vous enflammerez ainsi le courage de leurs successeurs ?
Mais le voyage seul les ferait périr; et où trouveraient-ils les mêmes soins que dans un asile qui y est expressément consacré? Non, je ne crois pas qu'on les admette dans un hôpital pour treize sous par jour, où on les regarderait comme une surcharge ; et quand on doit être un objet de vénération, il est bien dur de devenir un objet d'avilissement : l'économie, la justice, l'humanité commandent donc également de conserver l'Hôtel, mais d'en détruire les abus, d'en réformer le gouvernement : une seule campagne meurtrière pourra souvent remplir cet asile. Il ne faudra y recevoir que les vétérans infirmes; laisser la liberté de sortir à tous ceux qui y sont actuellement, et même la leur laisser à l'avenir, en les obligeant de prévenir quelques mois d'avance l'administration, afin qu'elle puisse toujours régler ses approvisionnements. Il faut réunir les vétérans valides en compagnies et renvoyer les détails de cette organisation au comité militaire. »
La discussion fut fermée.
Occupé qu'on était des opérations de la guerre et des insurrections populaires, ce ne fut que le 30 avril suivant que la loi fut promulguée.
Elle commence par déclarer que l'établissement connu sous le nom d'hôtel des Invalides est consacré sous la dénomination d'Hôtel National des militaires invalides.
a La Convention nationale , après avoir entendu le