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LIVRE PREMIER

bénéfice et de fiefs, les terres enlevées à l'empire, à la condition qu'ils leur fourniraient des soldats et les entretiendraient.

Charlemagne mit à la charge des abbayes, sous le nom d'oblats, les officiers et soldats mutilés ou affaiblis par l'âge. Ainsi, sous ce grand prince, une retraite fut assurée aux militaires invalides.

Ses successeurs s'appliquèrent à conserver et à étendre cette institution des oblats.

Lorsqu'ils concédaient un bénéfice, ils imposaient au titulaire une redevance pour les besoins de l'armée, et quand ils fondaient une abbaye, ils se réservaient le droit, imprescriptible et inhérent à la couronne, d'y faire admettre un certain nombre d'officiers et soldats invalides, sous le titre de moines lais. Quand toutes les places des abbayes et des prieurés étaient remplies, le Roi donnait des pensions à ceux qui ne pouvaient y être admis. C'est ce que fit Charles V, qui mérita le surnom de Sage.

Avant lui Philippe-Auguste, le premier de nos Rois qui eut à sa solde une armée permanente, conçut le projet de créer des établissements spéciaux pour les vieux soldats, afin de remédier à l'insuffisance des oblats.

Ce projet fut en partie réalisé par son fils saint Louis, qui, à son retour de Palestine, fonda la maison royale des Quinze-Vingts pour trois cents

gentilshommes que les Sarrasins, ou plutôt le soleil d'Asie avait aveuglés.

Aujourd'hui ce n'est plus qu'un hospice d'aveugles. L'établissement du saint Roi ne pourrait être d'un grand secours pour les victimes de la guerre, où le nombre des aveugles par suite d'accidents est aux amputés comme 1 est à 1,000.

Charles VII, Louis XII, François Ier, Henri II et Charles IX s'occupèrent d'améliorer le sort des gens de guerre.

Voici redit de Charles IX, du 28 octobre 1568 :

« Entendons que, pour quelque cause ou quelque occasion que ce soit, les titulaires des prieurés qui sont en la collation des archevêques, évêques, abbés, chapitres ou communautés de nos royaumes, pays et terres de notre obéissance, soient chargés ni tenus de recevoir aucun soldat ou autre estropié, es places de religieux lais ou oblats, mais seulement voulons lesdits religieux lais, et par nous mis en abbayes ou prieurés qui sont à notre nomination et sur laquelle notre saint- père le pape a accoutumé de pourvoir. »

Henri III publia aussi plusieurs édits contre ces mêmes abus.

Ils n'en continuèrent pas moins, et les plaintes réciproques des titulaires de bénéfices d'une part, celles des ofliciers et soldats de l'autre; puis, l'accroissement progressif de l'armée rendant de jour

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