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LIVRE PREMIER

en jour plus évidente l'insuffisance de notre institution des oblats, il fallut aviser au moyen d'assurer dignement l'existence de tous ces hommes vieillis ou mutilés en défendant la patrie.

Ces plaintes éveillèrent l'attention et la sollicitude de Henri IV, qui, d'ailleurs, ne pouvait oublier les braves qui l'avaient aidé à conquérir son royaume. Il conçut l'idée que quelques-uns de ses prédécesseurs avaient eue avant lui, de créer un établissement dans lequel officiers et soldats vivraient en commun : idée qu'il mit à exécution par son édit d'avril 1 600 et par lettres patentes de janvier 1 605.

La mort vint, hélas! trop tôt pour le peuple et trop tôt pour l'année, interrompre les généreux projets de Henri IV. Si le poignard de Ravaillac n'eût point arrêté le cours d'une si précieuse vie, peut-être le chef de la maison de Bourbon aurait résolu le problème dont ses devanciers avaient vainement cherché la solution : celui d'assurer aux vieux soldats un asile et une existence dignes de la grande nation au service de laquelle ils auraient épuisé leurs forces.

Loin de continuer l'œuvre de Henri IV, Marie de Médicis, régente avec un ministre d'origine étrangère, supprima en 4 611 , par un arrêt du conseil d'État, rendu le 1er septembre, les maisons militaires de la charité chrétienne et de l'Ourcine ; puis elle ordonna que les officiers et soldats estropiés

iraient remplir, comme par le passe", les places d'ohlats dans les abbayes ou prieurés qui étaient assujettis à cette charge.

Le vice et L'insuffisance de l'institution des oblats a 'avaient point disparu, et les plaintes, les abus et les scandales allaient toujours croissant.

Pour y mettre un terme, Louis XIIÏ, par Ledit du mois de novembre 1633, établit sous le titre de Commandcrie de Saint-Louis une communauté où tous les estropiés de l'armée seraient nourris et entretenus pendant le reste de leur existence.

Mais la pénurie d'argent et les préoccupations plus urgentes et plus graves de la politique causèrent l'abandon de cet établissement, et il n'en fut plus question qu'au jour où le jeune roi Louis XIV déclara qu'il gouvernerait lui-même.

Pendant cet intervalle, le nombre des anciens militaires que les blessures ou le grand âge avait rendus incapables de pourvoir à leur subsistance s'accrut prodigieusement.

Les places d'oblats, outre leur insuffisance, donnaient lieu à une foule d'abus plus déplorables encore.

D'une part , les chefs des monastères disposaient d<> ces places en faveur de gens qui n'avaient jamais servi.

De l'autre, les soldats auxquels on s'efforçait de rendre l'existence désagréable cédaient leur place

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