LIVRE DEUXIÈME
vieux soldats eurent donc à subir de nombreuses et dures privations; aussi crurent -ils devoir en appeler à l'Assemblée nationale, qui les accueillit avec bienveillance, sans pouvoir remédier à cette fâcheuse position, tant l'attention des législateurs et celle de la nation étaient fixées sur des objets d'une bien autre importance.
Le 20 avril, la France déclare la guerre au roi de Hongrie et de Bohême.
Le 28, commencement des hostilités en Flandre.
Au reçu du manifeste du duc de Brunswick, le peuple de Paris s'exalte; des comités d'insurrection s'organisent. A l'Hôtel, loin que pendant ces jours de trouble et d'anarchie l'ordre ait été troublé, grâce à la sagesse et à la fermeté de l'infortuné général Sombreuil, la discipline ne cessa de régner: on y attendait l'orage avec calme et résignation.
Le 1 1 juillet, décret qui déclare que la patrie est en danger.
Le 23 juillet, une députation de fédérés vient demander à l'Assemblée législative la suspension du malheureux Louis XVI et la convocation d'une convention nationale.
Le 26, on discute dans cette assemblée sur la déchéance du Roi. Cette question est rejetée comme inconstitutionnelle par la portion qui regarde la constitution comme un pacte qu'elle a juré le 14 juillet.
Le 3 août, le maire de Paris, Pétion, parait à la barre de l'Assemblée et lui demande, au nom des sections de la capitale, qu'elle veuille bien s'occuper sérieusement de la déchéance du Roi.
L'orage préparé depuis deux mois éclate enfin dans la nuit du 9 au 10 août : le tocsin sonne; les invalides attristés prennent les armes; le canon d'alarme se fait entendre, la générale bat; on annonce au brave Sombreuil que les Marseillais, le peuple des faubourgs Saint-Marceau et Saint- Antoine, une foule de sections marchent sur le château des Tuileries et se disposent à l'attaquer; que le Roi est protégé au dehors par quelques sections de la garde nationale résolues de le défendre, mais remplies de défiance et d'incertitude , et par quelques compagnies de suisses que Louis XVI a appelées, à son secours; que dans l'intérieur sont des nobles et des courtisans armés de toutes pièces , que leur ardeur indiscrète, leur zèle imprudent, leurs propos inconsidérés n'avaient pas peu aidé à provoquer cette journée ou en étaient le prétexte.
A cinq heures du matin , on annonce que le Roi passe en revue les suisses et la garde nationale ; qu'il assigne à chacun son poste. Puis un peu après on fait savoir au gouverneur qu'on était parvenu à lui faire entrevoir un danger immense pour sa personne, sa femme, ses enfants et tout ce qui lui était attaché, et qu'il venait de se décider à se réfugier