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LIVRE DEUXIÈME

A la même époque, M. de Sombreuil avait offert sa démission au ministre de la guerre La Jard, qui lui répondit aussitôt : « Le Roi, monsieur, ayant reçu la démission que vous avez donnée du gouvernement des Invalides qu'il vous avait confié, me charge de vous témoigner ses regrets, et il m'ordonne de vous engager à continuer à l'Hôtel des Invalides et pour les compagnies détachées, jusqu'à parfaite exécution de la loi du 4 6 mai dernier, les fonctions que vous avez remplies avec tant de prudence et de sagesse. Sa Majesté attend de votre zèle cet acte de déférence à sa volonté. »

Écroué à la Conciergerie le 4 6 août, en vertu d'un ordre de la municipalité de Paris, le i septembre il fut remis en liberté.

Bientôt après il fut impitoyablement envoyé à l'échafaud, lui et son fils aîné, par les juges du tribunal révolutionnaire.

Mademoiselle de Sombreuil avait été assez heureuse, une première fois, pour attendrir les assassins prêts à égorger son père. Son héroïque dévouement excita l'admiration de ces hommes féroces, et quatre d'entre eux la reconduisirent à l'hôtel des Invalides, à côté de son père. Mise en arrestation, quelques mois après, avec ce père chéri et son frère aîné, elle eut la douleur de les voir conduire à l'échafaud, sans pouvoir toucher les juges du tribunal révolutionnaire, plus cruels que les assassins de septembre.

La révolution , qui fermait les temples de la religion, fit disparaître du dôme l'autel réservé au culte et transforma cette église en temple de Mars, où tous les trophées pris sur l'ennemi seraient déposes désormais sous la sauvegarde des invalides.

Au milieu de l'enthousiasme général, des dons étaient faits chaque jour à la paU'ie par des personnes de tout sexe et de tout âge.

Aussi le bureau administratif de la maison nationale des Invalides décida-t-il, sur la demande du syndic de l'échevinage, que l'argenterie et les ornements précieux de l'église et des infirmeries seraient, sans plus tarder, offerts en don à la République. Ces objets, réunis aussitôt dans la salle du conseil et représentés par cent soixante marcs d'argenterie, calice, ciboire, croix, burette, etc.; et en ornements riches et précieux, tels que dais, chasubles, devant d'autel, étoiles, bourses, furent portés à la Convention le 18 brumaire an II (8 novembre 1793).

Les militaires invalides de leur côté ne restèrent pas étrangers à ces manifestations. Un grand nombre portaient à la Convention leur don patriotique, fruit de leurs modiques épargnes.

Le 15 novembre 1793, le conseil général de l'Hôtel national, le syndic entendu :

a Considérant qu'il est digne d'une administration républicaine de s'occuper de tout ce qui peut tendre à propager le véritable esprit public et à

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