‹ Les InvalidesChapitre 51 sur 322 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

conservation et prolonger vos jours pour le bonheur de tous.

» Ce vœu est celui que forment les invalides dans leur paisible retraite; ils sauront tous y renoncer pour vous servir de bouclier contre vos ennemis. »

En l'an IX, deux nouvelles succursales furent établies, l'une à Avignon, l'autre à Nice, destinées principalement aux soldats des pays méridionaux.

Le 17 mars 1802, à cinq heures du soir, le Premier Consul vint de nouveau à l'hôtel des Invalides. Il y visita l'établissement dans le plus grand détail, se fit rendre compte des améliorations dont le régime actuel des Invalides est susceptible. Il accueillit ses vieux braves avec beaucoup d'intérêt et de bonté, et reçut de leur part les témoignages les plus vifs de reconnaissance et d'admiration. En général, il parut très-content des différentes parties du service. La tranquillité , le bon ordre et la discipline qui régnent dans la maison, ainsi que la bonne tenue de l'infirmerie, fixèrent particulièrement son attention. Il témoigna la satisfaction qu'il en éprouvait au général Berruyer, commandant en chef, aux administrateurs et aux officiers de santé; il accorda à titre de gratification un mois de solde de menus besoins.

Le général Berruyer mourut le 17 avril 1804, avant d'avoir, autant qu'il en avait le désir, adouci le sort des invalides, dont le nombre augmentait

dans de telles proportions, qu'il s'était élevé au chiffre de soixante mille, répartis soit à l'Hôtel national, soit aux succursales et aux compagnies détachées, soit retirés chez eux avec pension d'invalide.

Berruyer, Jean-François, né à Lyon le 17 janvier 1737, d'une famille de négociants estimés, s'enrôla dès 1753 dans le régiment d'Aumont, infanterie, et se trouva au siège de Mahon. Pendant la guerre de sept ans, nommé sous-officier, bientôt lieutenant, puis capitaine, il dut ces différents grades à plusieurs traits de bravoure dont nous ne citerons que le plus remarquable. A la retraite de Zigenheim, il fit prisonnier, de sa propre main, le général Benevel, commandant de l'avantgarde prussienne, après un combat corps à corps dans lequel il reçut quatre blessures. Berruyer se distingua ensuite dans les campagnes de Corse , où il eut quelques relations avec la famille Bonaparte. Lorsque la révolution commença, il était colonel général des carabiniers. En 1793, il reçut le commandement des troupes rassemblées autour de Paris, puis de celles qui furent dirigées contre la Vendée, où il remporta d'abord quelques avantages et s'empara même de Chemillé. Blessé à l'affaire de Saumur. il revint à Paris et fut peu après nommé inspecteur général des armées des Alpes et des Pyrénées.

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