LIVRE DEUXIÈME
étaient attestés par leurs mutilations; Elle a interrogé plusieurs d'entre eux sur les lieux et les actions dans lequels ils avaient reçu ces nobles blessures.
Ce mélange des citoyens les plus distingués de toutes les classes et de tous les âges offrait un spectacle noble et attendrissant. Le soldat, le général, le pontife, le magistrat, l'administrateur, l'homme de lettres, l'artiste célèbre, recevant chacun la récompense de leurs talents et de leurs travaux, ne semblaient composer qu'une seule famille qui se pressait autour du trône d'un héros pour le décorer et l'affermir. Une vive et profonde émotion était peinte sur tous les visages, et cette cérémonie auguste et brillante frappait les esprits d'un respect à la fois religieux et guerrier.
La fête a été terminée par un Te Deum qui était, ainsi que la messe, de la composition de Lesueur.
A trois heures, Sa Majesté Impériale, au bruit d'une salve de cent un coups de canon, quitta ce dôme sous lequel elle venait de donner le plus beau spectacle qui fut jamais.
Le 27 thermidor an XII, correspondant au 15 août 1804, l'état-major de la 1re division militaire, l'état-major et les officiers des corps stationnés dans cette division firent chanter à l'hôtel impérial des Invalides un Te Deum exécuté par les musiciens du Conservatoire de musique, en actions de grâces
de l'avènement an trône de l'Empire français du Premier Consul de la République, Bonaparte.
L'Impératrice, accompagnée des personnes de sa maison, honora de sa présence cette cérémonie, à laquelle assistèrent les députations de chaque grand corps de l'État et de l'armée.
L'Impératrice fut reçue, au bruit du canon, par M. le maréchal Serrurier, gouverneur, qui, à son départ, l'accompagna jusqu'à sa voiture.
Comme s'il était réservé à l'hôtel des Invalides de voir tous les grands de la terre venir tour à tour s'incliner sous la croix de son dôme splendide, l'année suivante il eut l'insigne honneur d'être visité par le vénérable Pie VIL
On connaît le triste épisode de la vie de l'auguste pontife.
Conduit dans des voitures de la cour, il se dirigea vers la chapelle, dans laquelle il resta longtemps agenouillé.
Sans doute il priait le Dieu des armées de conjurer la foudre dont il était lui-même une des victimes innocentes.
Admirant ensuite la magnificence de l'édifice, il témoigna sa joie de le voir rendu au culte catholique dont il était le chef.
Le saint-père visita les infirmeries et donna sa bénédiction aux soldats malades, qui la reçurent dans un silence respectueux et recueilli.