‹ Les InvalidesChapitre 56 sur 322 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Le 24 février 1 806, S. A. R. le prince de Bavière est venu à l'hôtel impérial des Invalides. Il était accompagné d'un général et de plusieurs officiers au service du roi son père, de M. de Ségur, grand maître des cérémonies de l'Empereur, et de M. de Bondy, l'un de ses chambellans.

Son Altesse , accompagnée de M. le gouverneur, vit l'Hôtel et tous ses établissements et finit par la galerie des plans-reliefs des places fortes.

Le 10 mars suivant y vint également S. A. E. le prince de Bade, ainsi que le prince Louis Bonaparte, accompagné de M. d'Hédou ville, son premier chambellan.

A cette époque, c'est-à-dire après les mémorables campagnes de 1805 et 4 806, tous les regards de l'Europe se fixaient sur l'empereur des Français qui dans sa main tenait le repos du monde.

Il méditait alors la construction d'un monument à élever à la gloire de ses armées et pour y déposer, comme dans un sanctuaire, les trophées pris sur les ennemis de la France.

Cette grande pensée ne fut pas mise à exécution , car bientôt il décida que les trophées conquis en Prusse, et au nombre desquels était l'épée du grand Frédéric, seraient déposés dans le dôme des Invalides.

Cette translation, qui eut lieu le \1 mai 1807, présenta un spectacle plein d'intérêt.

Jamais les sentiments de reconnaissance et d'admiration pour nos armées et pour l'auguste chef qui les conduisait à la victoire ne s'étaient manifestés avec plus d'énergie et d'enthousiasme.

Dès Le matin, la place du Carrousel et toutes les avenues des Tuileries étaient couvertes d'un peuple innombrable.

A l'heure indiquée par le programme, on vit sortir du palais impérial des Tuileries, au bruit de plusieurs salves d'artillerie, les voitures des grands officiers de la Légion d'honneur, des grands officiers de l'Empire, du ministre et prince architrésorier.

Venait à leur suite un char triomphal magnifiquement orné, et sur lequel étaient placés deux cent quatre-vingts drapeaux pris sur l'ennemi dans les dernières campagnes.

Accompagné de son état -major, le maréchal Moncey paraissait ensuite à cheval , tenant dans sa main l'épée et les décorations du grand Frédéric.

La voiture de S. A. I. le prince archichancelier, suivie de l'état -major du gouvernement de Paris.

Partout où ce brillant cortège passait, les cris unanimes de Vive l'Empereur! Vivent les armées! se faisaient entendre et se mêlaient aux fanfares de la musique militaire, et au bruit du tambour et du canon.

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