LIVRE PREMIER
mis pour cette direction les sieurs Camus Destouches, Camus Duclos et Camus de Beaulieu , pour en rendre compte audit sieur marquis de Louvois, arrêter les registres, tant des réceptions que des dépenses journalières et autres, concernant l'établissement et la subsistance de ladite maison. Ordonne, à cet effet, Sa Majesté, à ceux qui seront chargés des fonds destinés pour l'entretien et subsistance desdits officiers et soldats invalides, de payer toutes les sommes de deniers qui seront ordonnées par lesdits sieurs Destouches, Duclos et de Beaulieu, ou de l'un d'eux en l'absence des autres, dont il sera tenu compte en rapportant leurs ordonnances avec les quittances nécessaires. Mande, en outre , Sa Majesté, aux officiers et valets qui seront établis dans ladite maison, de les reconnaître en tout ce qui concernera le bon ordre et la règle qui doivent y être
observés.
» Signé : Louis.
i Saint-Germain en Laye, le 15 avril 1670. »
(( Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut :
» La paix qu'il plut à Dieu de nous donner vers la fin de l'année 1659 et qui fut conclue aux Pyrénées, entre nous et le Roi Catholique, ayant rétabli pour lors le repos presque dans toute la
chrétienté et nous ayant délivré des soins que nous étions obligé de prendre pour la conservation de notre État , et de veiller au dehors à nous opposer aux entreprises que nos ennemis y pouvaient faire, nous n'aurions eu d'autre application , pendant que ladite paix a duré, que de songer à réparer, au dedans d'icelui, les maux que la guerre y avait causés, et de corriger les abus qui s'étaient introduits dans la plupart de tous les ordres, ce qui a eu tout le succès que nous en pouvions espérer, et comme pour accomplir un dessein si utile et si avantageux.
» Nous avions estimé qu'il n'était pas moins digne de notre piété <fue de notre justice de tirer hors de la misère et de la mendicité les pauvres officiers et soldats de nos troupes qui, ayant vieilli dans le service, ou qui dans les guerres passées ayant été estropiés, étaient hors d'état non-seulement de nous en rendre, mais aussi de rien faire pour subsister, et qu'il était bien raisonnable que ceux qui ont exposé librement leur vie et prodigué leur sang pour la défense et le soutien de cette monarchie, et qui ont si utilement contribué au gain des batailles que nous avons remportées sur nos ennemis, aux prises de leurs places et à la défense des nôtres, et qui, par leur vigoureuse résistance et leurs généreux efforts, les ont réduits souvent à nous demander la paix, jouissent du repos qu'ils ont assuré à nos autres