LIVRE DEUXIÈME
Impériale et Royale une nouvelle preuve de sa bienveillance pour ses vieux soldats, et de son estime particulière pour leur digne chef. »
S. Exe. M. le maréchal Serrurier, gouverneur des Invalides, a répondu :
« Monseigneur,
» Nous sommes encore ici plus de neuf cents hommes qui avons combattu le grand roi dont nos enfants viennent de conquérir les dépouilles guerrières. La fortune alors ne seconda pas toujours notre courage. Les pères n'étaient pas moins braves que les enfants; mais ils n'ont pas eu le même chef. Cependant, nous ne nous rappelons pas sans orgueil les paroles de ce grand homme : Si j'étais à la tête de ce peuple français, il ne se tirerait pas un coup de canon en Europe sans ma permission : témoignage honorable de son estime pour les soldats qui le combattaient. Mais c'était sous le règne d'un souverain bien plus grand encore par son génie, par ses hauts faits et par sa modération, que le peuple français devait parvenir à ce haut degré de gloire et de puissance.
)> Nous jurons de garder fidèlement le trésor que Sa Majesté Impériale et Royale nous confie ; et après l'honneur d'en être dépositaires, rien ne pouvait être plus précieux pour nous que de le recevoir des mains de Votre Altesse. »
Les mots Nous le jurons, répétés par les invalides, ont retenti dans toute l'église.
Le chœur du chant triomphal a recommencé. Son Altesse Sérénissime, remontée auprès du trône, a signé sur les registres de l'hôtel des Invalides le procès-verbal de la remise de l'épée et des décorations du grand Frédéric et des drapeaux conquis dans la dernière campagne. S. Exe. M. le gouverneur a signé après le prince archichancelier.
Les princes archichancelier et architrésorier de l'Empire se sont levés, et au bruit d'une symphonie militaire ont descendu les degrés du trône et se sont avancés vers la porte de l'église à la tête des ministres et des grands officiers de l'Empire et de la Légion d'honneur. En sortant de l'hôtel des Invalides, le prince archichancelier a invité le cortège à se séparer, l'objet de sa réunion étant rempli.
Une salve d'artillerie a annoncé la fin de la cérémonie.
De retour des campagnes d'Allemagne, l'Empereur, accompagné du grand-duc de Berg et du prince de Neufchâtel, vint le 1 I février 1808 faire la visite de l'Hôtel. Son arrivée fut annoncée par plusieurs salves d'artillerie.
Apres avoir été chaleureusement acclamée par les invalides, Sa Majesté se rendit à l'église, où elle fit une allocution dans laquelle, entre autres choses, elle dit ce mot remarquable : « Qu'aux yeux des