‹ Les InvalidesChapitre 66 sur 322 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

Du directeur de l'administration de la guerre;

Des présidents et secrétaires perpétuels de l'Institut;

Des membres du comité central des fortifications:

De la famille Vauban.

Un corps de cavalerie fermait la marche.

Une salve d'artillerie annonça le cortège, et le cœur du maréchal fut enlevé du char et placé sur une estrade , au milieu du dôme , par M. le Pelletier d'Aulnay, assisté des ministres, du maréchal Serrurier et de son état-major, et de beaucoup d'autres généraux.

Le dôme était rempli de militaires de toutes armes, au milieu desquels on voyait, à côté d'un groupe d'invalides, un groupe d'élèves des Écoles militaire et polytechnique, des membres de l'Institut national et des ingénieurs de tous les services publics.

Les tribunes et les galeries étaient remplies de dames des familles des militaires et autres, munies de billets d'invitation.

Quand les membres du cortège furent assis dans l'enceinte de l'église, sur l'ordre du général Marescot, premier inspecteur général du génie, M. Allent, officier de cette arme, lut le discours suivant :

« L'Empereur et Roi a voulu réunir sous ce dôme, aux cendres du maréchal de Turenne, le cœur du maréchal de Vauban : association tou-

chante de deux héros contemporains, dont les caractères eurent tant de ressemblance. Le jour qu'a choisi Sa Majesté est anniversaire de celui où la prise de Dantzig préludait à la victoire de Friedland et à la paix de Tilsitt : rapprochement ingénieux et délicat du guerrier qui créa l'art des sièges, et des guerriers qui viennent de s'illustrer dans un siège glorieux.

» Il ne restait du maréchal de Vauban que son cœur. Le prince, que l'Empereur a nommé son digne compagnon d'armes, avec ce zèle que le mérite seul met à honorer le mérite, a, sur ces derniers restes d'un homme illustre, appelé l'attention d'un monarque qui se plaît à répandre sur les grands hommes tout l'éclat de sa gloire.

» Ici cet éclat rejaillit sur l'armée dont tous les corps participent dans les sièges au succès de l'attaque ou à l'honneur de la défense. Il rejaillit sur les maréchaux d'empire, gouverneurs des places, généraux des armées de siège , revêtus de la même dignité que Vauban et désignés comme dignes des mêmes honneurs par la reconnaissance publique. Ces aigles, emblèmes du dévouement à l'honneur, à la patrie et au monarque, rappellent les ordres dont Vauban fut décoré, et son ardeur à servir son prince et son pays. A leur tête, collègue de l'élève et successeur de Bullon, un élève de Vauban, général et ministre , unissant dans les sièges l'audace

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