‹ Les InvalidesChapitre 70 sur 322 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

» Le cœur de Yauban , qui brûla d'un amour si vrai pour sa patrie et pour la gloire, reçoit aujourd'hui un nouvel hommage des mains de la victoire; puisqu'il va être couronné par celui qui, à pareil jour, il y a un an, rappela tous les souvenirs de Yauban, en s'emparanl, à l'aide de l'art qu'il a créé et après des actions où ont brillé simultanément le talent, l'audace et l'intrépidité les plus remarquables, de l'un des premiers boulevards du Nord; par celui qui mérita comme récompense et obtint, après l'importante prise de Dantzig, d'en porter le nom et de le transmettre à ses descendants pour en consacrer la mémoire. »

Après ce discours, M. le colonel du génie Sabatier, un des officiers qui se sont distingués, sous les ordres du maréchal duc de Dantzig, au siège de celte forteresse, lui a remis, au nom des braves qui ont servi sous lui, une couronne de laurier et une médaille sur laquelle était, d'un côté, le portrait de Sa Majesté, de l'autre, une inscription rappelant l'ordre de Sa Majesté pour la translation du cœur de Yauban.

Alors M. le maréchal duc de Dantzig a déposé la couronne de laurier et la médaille sur le cœur de Yauban , et a prononcé le discours suivant :

« Ombre illustre d'un héros qui fut longtemps le boulevard de la France et la terreur des ennemis, intrépide guerrier, profond géomètre, habile homme

d'Etat, sois sensible au tribut d'amour et de reconnaissance <{ue nous t'offrons dans cette enceinte auguste, sous ces voûtes sacrées où pendent les trophées de nos innombrables victoires.

» Que je ceigne de cette couronne ton front ombragé de lauriers.

» C'est le plus puissant des monarques, le brave des braves, c'est le grand Napoléon qui te la donne.

» Que peut-il manquer à ta gloire et que manquet-il à mon bonheur, puisqu'il a daigné me choisir pour te rendre cet hommage. »

Après ce discours du maréchal duc de Dantzig, le cœur de Vauban , la couronne et la médaille ont été placés dans l'urne d'albâtre qui termine la colonne cinéraire, et l'urne a été scellée sur-lechamp. Des symphonies guerrières et une salve d'artillerie ont annoncé la fin de cette mémorable et imposante cérémonie.

Par décret impérial du 9 février 1810, le cœur du maréchal Lannes, duc de Montebello, tué le 22 avril 1809 à la bataille d'Esling, est confié à la garde des militaires invalides.

Ce fut le célèbre Larrey qui eut la mission de remettre au maréchal Serrurier le vase contenant le cœur de l'illustre défunt, dont les obsèques ne devaient être célébrées que quatre mois après.

Ouverture faite de ce vase, il a été reconnu qu'effectivement ce cœur y était renfermé.

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