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LIVRE DEUXIÈME

Immédiatement après cette reconnaissance, le vase a été remis dans la boite , qui a été refermée et scellée du sceau du maréchal Serrurier et de celui du commissaire ordonnateur; Larrey avait oublié le sien.

Cette formalité remplie, le maréchal Serrurier s'est reconnu dépositaire de ce dépôt, jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné; et ce, conformément à la décision du duc de Feltre , ministre de la guerre.

Le baron Larrey étant l'un des hommes de l'époque qui ont été le plus aimés des soldats, les invalides saisissaient toutes les occasions de lui en donner des preuves.

Ils pleurèrent avec lui l'éminent homme de guerre que venait de perdre la France , et qu'il aurait sauvé si la science n'était impuissante contre la mort.

Puis en vertu d'un décret de Sa Majesté et conformément au programme publié par ses ordres, le corps de l'illustre maréchal a été déposé dans le dôme de l'Hôtel, le 2 juillet 1810, sous le sarcophage provisoire destiné à le recevoir, et où , pendant quatre jours, le public a pu venir prier et admirer les honneurs rendus à ce célèbre guerrier.

Le 6 juillet il a été fait un service funèbre pour le repos de son âme : le corps avait été porté sous le catafalque préparé pour cette cérémonie; l'église, ainsi que le dôme , les deux façades extérieures de

l'IIùtel et celle de la cour d'honneur du côté de l'église, avait été tendue en drap noir avec des ornements analogues et les inscriptions mentionnées dans le programme. Dans l'endroit le plus apparent de ces tentures, étaient tracées, en gros caractères, ces paroles mémorables : Napoléon à la mémoire du duc de Montebelh.

La cérémonie était présidée par le prince archichancelier de l'Empire, qui, des appartements de M. le maréchal gouverneur, s'était acheminé à midi vers l'église, accompagné du prince Borghèse et du prince architrésorier de l'Empire; du prince de Bénévent, vice-grand électeur; du prince de Neufchâtel et Wagram, vice-connétable, ainsi que des ministres, des maréchaux et grands officiers de l'Empire, des autorités civiles et militaires de Paris et autres personnages distingués.

L'évêque de Gand, aumônier de Sa Majesté, a officié. Plusieurs cardinaux-archevêques et évêques l'assistaient. La messe a été chantée à grand orchestre par les sujets du Conservatoire et les premiers sujets de l'Académie impériale du musique.

L'office étant terminé, le corps a été transporté par des grenadiers jusqu'au corbillard préparé pour le recevoir.

Le clergé de la chapelle de Sa Majesté et celui des paroisses de Paris avaient envoyé chacun une députât ion pour assister à l'office. Ces dépu-

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