‹ Les InvalidesChapitre 75 sur 322 · LIVRE DEUXIEME. HT · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME. HT

son commandement , Venise tomba au pouvoir des Français, et la plus ancienne des républiques avait cessé d'être Bonaparte ne fut pas moins satisfait dans cette occasion qu'il ne l'avait été à la prise de Bergame.

Après la paix de Lunéville, le gouvernement consulaire le fit inspecteur général d'infanterie; et Napoléon , devenu empereur, le nomma grand ollicier de la Légion d'honneur et colonel général des dragons.

Napoléon lui donna le gouvernement de Venise en 1808; et ce fut en Italie, puis en Hongrie, sous le vice-roi Eugène, que Baraguey fit la campagne de 1809. Après la paix devienne, il fut chargé de réduire les insurgés du Tyrol, qui refusaient de se soumettre et qui combattirent avec tant de courage sous les ordres du fameux Hofer. Baraguey passa ensuite à l'armée d'Espagne, et, le 3 mai 1811 , il battit sous les murs de Figuières un corps espagnol commandé par Campo-Verde. Appelé à la grande armée l'année suivante, il fut mis à la tète d'une division qui partit de Smolensk dans les premiers jours de novembre 1812, pour se diriger vers Kalouga, au-devant de l'Empereur, lequel avait d'abord dû faire sa retraite dans cette direction, puis en avait changé par suite de la bataille de Malojaroslawitz. Ignorant tout à fait ce changement , Baraguey se trouva bientôt au milieu de plu-

sieurs corps russes, et une partie de sa division fut obligée de capituler. Napoléon, informé de cet événement au milieu des désastres de la retraite, en fut vivement courroucé, et il traita Baragueyd'Hilliers avec une extrême rigueur. Le malheureux général conçut de ce dernier malheur un tel chagrin, qu'il tomba malade en route, et que, forcé de s'arrêter à Berlin, il mourut dans celte ville vers la fin de décembre 1812. — Une de ses filles avait épousé le général Foy.

Éblé (Jean-Baptiste), général d'artillerie, l'un des plus célèbres de l'armée française , naquit en 1 758 à Saint-Jean de Rorbach en Lorraine. Fils d'un ollicier du régiment d'Auxonne, du nombre de ceux que l'on appelait alors officiers de fortune, parce qu'ils n'étaient pas nobles, il fut inscrit dès l'âge de neuf ans, comme canonnier, sur le contrôle du même corps. Élevé avec beaucoup de soin et destiné dès l'enfance à la carrière de son père, il fut bientôt l'un des meilleurs sous-ofliciers de cette arme. Devenu lieutenant en 1783, il fut envoyé à Naples sous les ordres de Pommereul , pour y former l'artillerie de ce royaume sur le modèle de celle de France. Il était parvenu dans ce pays au grade de capitaine, et il devait y obtenir plus d'avantages encore; mais la révolution de France, dont il adopta les principes avec beaucoup de chaleur, le ramena dans sa patrie en 1792, et il fut confirmé danas son

grade de capitaine. Employé dès le commencement à l'armée du Nord, il fut mis à la tête d'une compagnie d'artillerie à cheval, fit. toutes les campagnes de cette époque sous Dumouriez, sous Picliegru et sous Jourdan, et se distingua particulièrement à Hondschoote et Wattignies. Devenu général de brigade à la tin de 1793, il commanda l'artillerie de l'armée du Nord, et, par son activité et son savoir, il contribua beaucoup à introduire dans cette partie si importante de nos forces militaires un ordre et une méthode jusqu'alors inconnus. Il distribua également les munitions et les pièces dans chaque division , et prépara ainsi la suppression nécessaire des pièces de bataillon, qui fut adoptée plus tard. Éblé dirigea ensuite les sièges d'Ypres, de Nieuport, de Bois-le-Duc, de Nimègue, de Graves, et il eut une grande part à la conquête de la Hollande, où son artillerie traversa si miraculeusement sur la glace les plus larges fleuves. Appelé en 1795 à l'armée du Rhin par Moreau, qui avait su l'apprécier, il fit sous ce général cette campagne du Palatinat, si remarquable par son début, et plus remarquable encore par la retraite qui la termina. Au commencement de l'année 1797, il soutint pendant deux mois, dans le fort de Kehl, les efforts de toute l'armée autrichienne, commandée par l'archiduc Charles. Il se rendit ensuite en Italie, et il commanda, sous Championnet, l'artillerie de l'armée

qui devait envahir un royaume dont il avait luimême autrefois préparé les moyens de défense. Cette facile conquête était à peine achevée, qu'Éblé revint en Allemagne , où la confiance de Moreau le plaça encore une fois à la tête de son artillerie, et où il eut part à la brillante campagne qui termina la victoire de Hohenlinden. A la paix de Lunéville, il fit rentrer dans les arsenaux de France la plus belle artillerie qu'on eût jamais conquise sur nos ennemis : et , ce qui est plus rare encore , il remit au trésor public des sommes considérables, provenant de la vente des objets d'artillerie pris aux Autrichiens. En 1 803 il passa à l'armée de Hollande, puis à celle de Hanovre , et devint gouverneur de Magdebourg après la bataille d'Iéna. De là il se rendit à Cassel, où le nouveau roi, Jérôme, le nomma son ministre de la guerre et colonel général de ses gardes du corps. Celte position ne pouvait pas lui convenir longtemps; il la quitta pour rentrer au service de France, et fut aussitôt employé sous Masséna en Portugal, où il dirigea le siège de Ciudad-Rodrigo et la construction très-difficile d'un pont de bateaux à Santarem. Appelé en 1812 à la grande armée de Russie, il fut nommé commandant en chef des équipages de pont, et il rendit de très-grands services au passage du Dniester, et surtout dans la retraite à celui de la Bérézina, où Napoléon fut sauvé par l'habileté et la présence d'esprit qu'Éblé

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