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CHAPITRE PREMIER

De 1815 à 1830.

Nous venons de faire connaître les mesures législatives prises à l'égard de l'Hôtel par la première Restauration. Ainsi qu'il arrive dans tous les changements de dynasties, le gouvernement des Bourbons ne vit dans les soldats du pouvoir tombé que des ennemis du pouvoir nouveau. Cette réaction plus ou moins fondée s'étendit jusqu'aux invalides. Tout en sauvegardant l'œuvre de Louis XIV, l'ordonnance du 2 septembre 1814, comme on vient de le voir, après avoir supprimé les succursales de l'Hôtel, moins celle d'Avignon, accorda aux estropiés français une pension d'un chiffre plus élevé que par le passé , afin de les déterminer à rejoindre leurs foyers absents; quant aux invalides d'origine étrangère, ils furent contraints d'aller tendre la main dans leur patrie.

La fuite de Louis XVIII et le retour de Napoléon causèrent donc une allégresse extrême à la plupart des pensionnaires. En effet, les invalides, dans le cœur desquels l'amour pour l'empereur Napoléon n'avait subi aucune altération, apprirent avec joie son retour de l'île d'Elbe, et s'empressèrent de lui en transmettre l'expression par l'organe de leur gouverneur, qui la traduisit en ces termes :

« Sire,

» Depuis le funeste événement qui avait privé la France de votre appui, les militaires invalides que Votre Majesté avait comblés de bienfaits, profondément affligés de votre absence, ne passaient leur vie qu'à vous regretter et à s'entretenir de vos grandes actions. Au bruit de votre débarquement, leurs âmes tressaillirent de joie : ils savaient que dans le libérateur de la France ils allaient retrouver un père, et, regrettant de ne pouvoir voler à votre rencontre pour vous faire comme autrefois un rempart de leurs corps, ils ont accompagné vos pas de leurs vœux et salué de leurs acclamations la rentrée de Votre Majesté dans la capitale de son Empire.

» Daignez, Sire, agréer l'hommage de nos félicitations et de notre respectueux attachement, en attendant que, plus heureux encore, nous puis-

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