‹ Les InvalidesChapitre 82 sur 322 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

jours étaient à peine écoulés qu'il était sous les murs de Fossano, quartier général du général piémontais Kolli. Le 12 mai I796, il contribua à la reddition de Crémone, et le 7 août suivant il se porta sur Vérone, où il sut guider et contenir la fureur des soldats. Chargé ensuite par Bonaparte du blocus de Mantoue, il y montra la plus grande activité et signa la capitulation du 2 février 1797. Le 12 mars suivant, sa division passa la Piave, et le 16 du même mois elle franchit le Tagliamento. Il reçut ensuite la mission de porter au Directoire exécutif les drapeaux pris à l'ennemi. On remarqua vers cette époque l'énergique adresse que la division Serrurier fit contre la faction dite de Clichy. Nommé commandant de Venise , il déploya dans ce poste, que les circonstances rendaient très-difficile, une grande fermeté et une rare prudence. En 1 798, il fut appelé à une inspection générale d'infanterie, et reçut l'année suivante le commandement de la place de Lucques. Cette république lui dut alors un plan de gouvernement dont on admira avec raison la sagesse. Employé la même année, sous les ordres de Schérer, à l'armée d'Italie, sa division fut l'une de celles que ce général en chef destina à tourner la droite des Autrichiens; et, le 26 mars 1799, à la pointe du jour, elle balaya les bords du lac et prit position sur le plateau de Rivoli, si célèbre par la victoire que le général Bonaparte avait remportée

en 1707. Schérer, qui n'avait pas su tirer parti de l'avantage qu'avaient remporté ce jour-là les divisions Delmas, Grenier, Hatry et Victor, ne songea qu'à se retirer sur le Mincio, pour masquer son mouvement rétrograde. Il chargea le général Serrurier d'une fausse attaque sur Vérone; mais, emportée par trop d'ardeur, cette division se laissa aller à une trop vive poursuite du corps ennemi qu'elle avait d'abord repoussé; attaquée à l'improviste par des troupes fraîches sorties de Vérone, elle fut à son tour ramenée dans le plus grand désordre, et la moitié des troupes qui la composaient, se trouvant acculée à la rivière et cernée de toutes parts, fut contrainte de mettre bas les armes, après avoir vainement tenté de se défendre ou de se jeter dans les montagnes. Le 27 avril 1799, à la bataille de Cassano et au passage de l'Adda, il avait été chargé par Moreau du commandement de l'aile gauche de l'armée d'Italie. Celte partie de l'armée, qui avait été séparée du centre, fut attaquée en tête et en queue par les Austro-Russes, qui avaient passé la rivière sur deux points. Dans cette position désespérée, le général Serrurier se défendit vigoureusement et tenta de se faire jour l'épée à la main ; mais trop d'ennemis l'entouraient, et il fut enfin obligé de se rendre. Il fut bien accueilli par SouwarolT, qui lui témoigna sa surprise de le voir dans les rangs des républicains; Serrurier lui répondit avec dignité

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